A frozen second

Louper la bonne seconde dans une histoire de deux secondes

 

mardi 01 juillet #9769793

J'ai vu les étoiles bouger.

[The messiah will come again - Roy Buchanan]

Un étonnant vide se profile sous chacun de mes pas. Je lis du mépris que je crée dans les regards des gens d'ici. Je le crée car évidemment c'est moi qui rejette en bloc cette ville. Cette ville morte. Définitivement morte lorsque je la regarde. N'aurait-elle plus rien à m'apprendre ?

J'ai suivi tout le monde en haut de la colline. Je me suis servi en alcool et là en allant pisser dans un coin sombre de verdure, j'ai regardé en l'air. J'ai alors vu les étoiles bouger. Bouger sans moi. J'étais comme coincé là, ma bite dans les mains, à ne pas savoir mon avenir. Ouais, l'homme est définitivement coincé là, un peu perdu, sa bite dans les mains.

Allez, d'accord, on voit boire un coup en ville avec les potes. Il y avait "Depuis le temps..." sur toutes les lèvres. Je les connaissais tous sauf elle. De passage. Comme moi, faut-il croire. Comme tous, faut-il penser. Le long monologue sur l'Angleterre les assommait mais il ne s'arrêtait pas. On voulait en savoir un peu plus sur les Anglaises évidemment, bande de petits vicieux que nous sommes.

Il les assommait tous, sauf elle peut-être. J'étais déstabilisé par ce regard perçant qu'elle me lançait. Pour y échapper, mes mots allaient à tout le monde, mais j'avais l'intime confidence qu'ils ne raisonnaient que chez elle.

On pourrait me faire voir des milliers de visages parfaits, des millions de corps idéaux, je ne frémirais pas. Pourtant le pétillement de deux yeux m'achèvent et me fait sombrer dans une douce hérésie et un trouble indéniable. Si elle n'avait pas les codes, ses yeux parlaient pour m'avoir. J'ai vu les étoiles bouger dans ses yeux, seulement mes mains, cette fois, étaient libres de prendre les siennes.

Je ne suis qu'un menteur qui racontent des jolies choses pour faire sourire les jolies filles. Une blitzkrieg parmi d'autres. Une idylle de deux jours parmi d'autres. La revoir demain, et puis repartir. Ne pas regretter, parce qu'il n'y a pas de place au doute. Nous sommes déjà suffisamment faible pour encore avoir des remords.

mardi 24 juin #9686380

Pied posé à terre, refaire tout à l'envers.

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Exactement 76 jours, environ 11 semaines, 2 mois et demi.

Un peu plus de 525 cigarettes. 30 cuites, 19 maux de ventre, 1 vomissement. Une dizaine de coups de foudre, 5 flirts, 1 beauté agaçante, 1 nuit ahurissante. 55 jours au bureau, 7 vraiment actifs, 1 projet terminé. 1 vue sur la mer, plusieurs coups de soleil, 1 rhume, pas mal de maux de tête. 4 "j'ai envie de rentrer." 20 "Mais c'était quoi cette soirée !!!!", 1 "Je pourrais passer ma vie à caresser ses fesses." 13 "J'aimerais bien que ça continue un peu plus longtemps. Juste un peu, voyez." 76 "On s'en fout". 300 "Putain" au bas mot et je ne sais plus combien de "Toi, je t'aime."...

Tout le reste aussi, les baisers pour une cigarette, les rires, les sourires, les interrogations, les réécritures de rapports, le doute... Aphone et les 3 puceaux, les cons. Le con. Les "putain mais profite", les barbec sur la plage, les "putain, qu'est-ce que je fous là?", les coups de vent et les vents tout court.

Pied posé à terre, refaire tout à l'envers. L'appeler elle car c'était le dernier plaisir avant de partir. Le crédit m'évite de faire une bêtise. L'envie, un peu aussi. Non, surtout. Croire qu'il y en a peut-être une autre. Une autre qui est lettonienne. Elle avait des yeux... Mon dieu, des yeux... Oui des yeux et c'est déjà pas mal. Elle était belle, et elle avait le charme de celles qui partent avant qu'elles ne vous déçoivent.

Se dire que chacune qui croise mon chemin, un peu, beaucoup, on les aime toutes un peu, à leur manière, à ma manière. On les a aimé comme elles avaient envie qu'on les aime.

Mais dans mes entrailles, j'ai surtout aimé leur sourire, je crois. Une fille amoureuse et qui se sait aimée, sourit d'avantage. Il y a alors ceux qui les font boire, ceux qui racontent des blagues, et ceux qui les aiment. Seulement c'est alors très facile de perdre. De se perdre. Perdre le jeu, sur une main pourtant gagnante. On souffre un peu et puis... on boit, on fait des blagues qui ne font rire que nous, et on tente de s'aimer quand même pour arrêter de l'aimer, elle.

Pied posé à terre, refaire tout à l'envers. La tête perdue dans cette saoulerie sur le ferry la nuit dernière. Les doigts perdus dans ses cheveux, la nuit d'avant. Et enfin les yeux perdue par quelque chose que l'on connaît mais que l'on ne décrit pas.

Courir après des trains, coincer sa valise dans la porte qui se ferme. Balader sa maison sur roulette. Se sentir jeune, et voyager sur un air un peu bizarre, un peu fou sans doute. Voir tous ces gens heureux, souriant, célébrant quelque part l'amour. Les regarder bouffis de sanglants clichés, mais ne pas trouver ça ringard, parce que... ça ne se fait pas.

Être avec et pourtant assez loin aussi. S'ouvrir autant que l'on peut, mais sentir qu'il y a quelque chose qui peut déborder à tout moment. L'énergie, les rires, les émotions emmagasinés durant ce séjour veulent sortir mais attendent l'occasion. Peur des larmes ? Peut-être.

Pied posé à terre, refaire tout à l'air. Débarquer chez elle. Découvrir un peu plus que ce qu'elle avait pu me dire. Mettre des noms sur des têtes. Rencontrer. Une autre beauté agaçante. Une qui évidemment porte le même prénom. Ne pas sombrer. Se convaincre que non, elle n'est pas si terrible mais avoir le ventre en feu. Classicisme romantique au paroxysme de la banalité. Chercher de la complicité là où l'on peut, et lui parler de celui qui la fait craquer. Plan qui ne marche jamais, mais apaisant sur l'instant.

Apaisant et surtout utile. Utile pour oublier. L'appeler, Elle, quand même pour voir. On n'est pas fait pour être ensemble, bien, certes, ok. Mais boire ? Ca, tout le monde sait le faire ensemble. La voir une dernière pour se convaincre que l'on a rien à faire tous les deux... ou sûrement tomber dans le sentiment inverse.

Envie de jouer avec le feu. Jouer avec ses émotions. En attendant que quelqu'un d'autre le fassent à sa place. Oui, en attendant, toujours en attendant.

1800 heures, 108000 minutes, 6480000 secondes moins quelques grains de sable, qui pèsent lourd face à nos quelques 28 heures passées ensemble, n'est-ce pas ? Mais un jour et même plusieurs, j'ai eu l'audace de croire qu'un sentiment aussi fort, pouvait surpasser le temps.

Sentiment stupide mais malgré les nouvelles envies, l'expérience et la divine envie de repartir, la stupidité sur ce genre de choses est une qualité qui, je l'espère, ne me quittera jamais. Car c'est dur, oui, mais.

mercredi 18 juin #9617932

Lamentable au féminin

Retourner un problème qui n'est plus le tiens. Manquait plus que ça. Elle t'a éjecté, limogé, limite exterminé de son subconscient. Et pourtant... Et pourtant tu t'inquiètes de ce revirement. Tu t'en inquiètes et tu oses même dire que tu aimerais comprendre. La comprendre.

Tu te souviens qu'il n'y a pas si longtemps elle rêvait que tes mots lui soient destinés. Et aujourd'hui alors que quoique ceux-ci fassent, ils pensent à elle, elle n'en veut plus. Mouais. Mouais. Ouais.

Tu regardes et tu te demandes si toi aussi tu aurais du parler de tes infidélités. De la fille du RU, de cette anglaise dont tu rappelles juste du nom et de ses cheveux dans les yeux, de cette ex vu en coup de vent... Non bien sur, tu n'aimes pas déballer après coup, mais peut-être que si tu ne l'as pas dit avant et si ça te préoccupe tant, c'est que peut-être ça comptait. Un peu, du moins.

Peut-être aussi que décidément elle ne te laisse pas indifférent, foncièrement pas indifférent. T'y avais cru, à ses mots à elle, et surement, lueur du désespoir, tu ne crois pas à ceux d'aujourd'hui. Tu attends le retour. Tu attends à nouveau ton tour, car comme ça, sans raison, tu sais qu'il reviendra.

Après... Après qui sait vraiment ce que tu penses ? A part toi. Jamais tu ne le diras. Même pas ici. Car ce sont ces pensées qui te permettent de rester en l'air et de sourire même quand tu lis tout cela. Ce sont ces pensées qui te permettent d'avoir de l'avance.

En fait. En fait, tu t'aimais bien quand tu jouais à Hugh Grant. T'es célibataire maintenant et tu sais qu'un jour elle viendra. Celle que tu attends patiemment dans ton coin. Celle parmi les autres qui t'occupent. Celle qui ne sera pas juste "évidente" mais logique. Oui, voilà, lorsque la raison accordera la passion, là, tu sauras que c'est elle.

Tu repars dans ta quête de la dernière poupée russe, de mon Anna Scott, de la vraie Sharon...

"Le bonheur ne serait pas le bonheur sans une chèvre qui jouerait du violon..."
Rien à dire ce film regorge de perles...

lundi 16 juin #9590224

Ce soir, je bois.

Le mensonge... Le mensonge me fait sourire. C'est décevant, mais cela me fait sourire. Tout comme la transparence, la faiblesse, les gens pas clairs, l'incohérence, les mots dits pour temporiser, la fausse distance, les faux rêveurs, les donneuses de leçons qui font pas mieux, les gens qui mettent dans le même sac, les jugeurs sans fondement, ceux qui parlent, qui parlent et qui parlent, les faux-cul qui au final, n'ont pas d'opinion, les poètes qui racontent toujours la même chose.

Et puis il y a aussi la liberté claironnée, l'hypocrisie, les mots noirs sur beige, cette fausse considération, les choses pas assumées, les gens qui font croire qu'ils sont détachés du quotidien, qu'ils sont différents et qui ont des grands rêves issus justement de ce petit quotidien.

Enfin je souris quand je vois les gens qui se plaignent alors que c'est leur faute, les justifications, les gens fermés, ceux qui disent "Je t'avais prévenu." Alors que. La non-clairvoyance et pour finir les gens essoufflés de trop respirer cette vie qui va trop vite. Comme c'est mignon.

En fait cette fille me fait sourire. Même pas jaune, ni rouge, elle me fait sourire, tout simplement.

Déçu, deg'? Je suis pas du genre à être déçu quand c'est moi qui ai fait de la merde, quand c'est moi qui me suis fait des films. Alors oui, le réveil est douloureux, mais pour tout le monde.

dimanche 15 juin #9577419

Se poser sur sa chaise et souffler

Se poser sur sa chaise et souffler. En voilà une idée agréable.

C'était parti comme ça. On se lève et puis... "Si on allait à Londres ?" Oui, tiens, si on allait à Londres. Comme ça. Y a eu quelques étoiles dans les yeux des garçons. Dans les miens aussi. Surement. "The first bus to London, please." Sourire. Oui, c'est parti comme ça. Comme la plus improbable et la plus rêvée des situations. C'est comme ça qu'on s'est retrouvé le ventre plein de hâte, et les yeux un peu endormi quand même, dans un bus à regarder la campagne anglaise.

Respirer. Respirer le ventre de ce mythe. Ne faire qu'un avec elle pour la posséder pendant quelques heures. Comme ça, pour le geste, pour le rêve, pour ne rien louper. Sourire avec mon chapeau sur la tête comme un enfant qui découvre que le bonheur est un truc complexe mixant des choses simples et beaucoup du bordel ambiant. Impressionné par tout ce grouillement, par cette ouverture, par ce parfum qui règne. Paris est bien différent et semble si... Français.

Merde, je me mets à parler comme ces étrangers prétentieux qui ne peuvent s'empêcher de balancer sur la France dès qu'ils se rendent compte qu'eux, ne sont pas parfaits. Moi je l'aime ma France, je l'aime mon Paris. Mais en voulant draguer Londres avec mon imaginaire, je me suis fait happé par le sien. Complètement désarçonné.

Je me sens à des années lumière de ce que j'étais avant de venir en Angleterre. Je ne le suis pas, c'est certain. Mais je m'ouvre peu à peu. J'emmagasine du laisser aller et de la distance. Je me sens capable de dire des vrais "je m'en fous." Pas des "je m'en fous" calculés pour marquer ou pour faire bien.

C'est fort. Vraiment.

Se poser sur sa chaise et souffler. En voilà une idée agréable.

Je n'avais pas envie d'écrire. Je m'étais dit que je le ferai demain. Une fois que tout serait integré. Mais... mais... Ca déborde, ca déborde, ca déborde, ça déborde !

Ben W à 11:30
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vendredi 13 juin #9552432

Alors regarde.

Les vois-tu ces gens ? Les vois-tu vraiment ? Ressens-tu tout ce que cela dégage de beau et de moins beau ? Sens-tu le déroulement magnifique de cette vie déroutante ? Ah. Tu acquiesses et tu souris. Que tu acquiesses, je peux le comprendre mais pourquoi souris-tu ?

Je souris parce que ton amour pour tout cela est souriant, beau et volontaire. Tu as vu des choses mais tu continues d'aimer le reste. Et c'est cela qui me fait sourire. C'est agréable au final de rester là, à ressentir avec toi, la beauté agaçante des choses moches et moins moches.

Je suis heureux. Tu comprends et je ne sais que dire de plus. Tu es conquise et j'en suis charmé. Pourquoi tout est trop facile la première fois mais à la seconde, nous sommes perdus ? Pourquoi ?

Pourquoi, oui. Mais n'est-ce pas toi qui disait avant "comment" ? Tu sais, je comprends la fuite de tes mots car moi-même je n'ose vexer le calme par des mots trop lourds et sans sens. Alors pourquoi pas ne pas laisser dire le silence ? C'est joli, non, "laisser dire le silence" ?

Oui, c'est joli et je suis d'autant plus triste de te laisser. Tu te plairas ici. Même si tout est trop diffiicile à regarder en face et de biais aussi, vois toujours plus loin. Ecoute toujours le temps qu'ils prendront à reprendre le souffle à la fin de chacune de leurs phrases. Si tu t'y appliques, tu les comprendras, tu seras indulgente. Ce n'est pas si compliqué. Ne pas être farouche, s'y frotter mais pas trop, garder de la distance sans pour autant les rejeter en bloc. N'oublies jamais qu'en tous, il y a un. Un qui peut ressentir, un qui... un qui peut peut-être même vraiment aimer.
Tout cela tu y arriveras, parce que tu y arrives déjà. Dans tes yeux, pétille ce qui leur plaira et ce qui te permettra de les faire devenir meilleur. Tout le monde se perdra pour l'un de tes souffles. Il emboitera sa respiration sur la tienne. Fais les rire mais ne les détruit jamais. La force doit être l'égal de la beauté. Et c'est bien là le déficit du monde.

Pourquoi pars-tu ? Tu sembles tant aimer tout cela. Je ne comprend pas. Autant que tu ne comprends pas mes sourires.

Alors c'est que ce n'est pas si grave. Tes sourires sont beaux malgré leurs occurences hasardeuses. Je pars parce que justement je les aime trop. Parce que je ne peux plus supporter ma perte dans la confiance que je leur donne. Un jour je te raconterai peut-être l'histoire des amants de la rue de la gare, et tu verras que je dois maintenant passer mon chemin et reposer mon ventre fatigué.

Si tu le dois, fais-le, mais ne le fais pas trop longtemps. Sache que quoique tu fasses, s'ils ne t'attendent pas, ils t'espèrent. Ou du moins. Je t'espère.

Ben W à 01:19
Mouais...
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mercredi 11 juin #9527018

Texte de quoi ? de bourré ? Non, désolé. Connais pas.

3 textes en 1 jours... ok promis j'arrête.

Putain, ça penche. Et ce couloir qui n'est décidément pas droit. Bordel. Ca penche. Mon lit ? Non, jamais. Trop tôt. Mon dieu, qui est-il lui ? Je me connais tellement que parfois je ne me reconnais pas dans la glace. On est allé beaucoup trop loin là, non? Oui c'est certain, mais après tout... On aime ça. On se drogue à la dualité et on rit de perdre les gens.

Il prit du pain et dit "Ceci est mon corps. Mangez-en". Il prit du vin et dit "Ceci est mon sang, buvez-en". Enfin il prit du vent et dit "Ceci est ma vie et croyez la."

Mon... Dieu. Tu craques. Surement le soleil. Et l'alcool. Le ciel était pourtant si bleu. Mon regard perdu croise la tête noire d'une mouette. Mon... Dieu. Tu souris. Surement le soleil qui nous rougit les joues et les yeux fermés aussi. Mon regard suit les impuretés sur ma lentille, cette impureté qui s'enfuit sans cesse. Ne bouge plus, tu es à moi !

Que c'est doux. Savez-vous que la route est souvent plus courte si l'on court ? Non, vous ne savez pas. Parce que vous êtes loin, très loin. Aussi loin que là où je peux vous emmenez. Un road movie. Oui c'est ça. Little Miss Sunshine, Paris, Texas , Une histoire vraie, Thelma et Louise. Ajoutons à cela Moi, toi et tous les autres et surement le très très bon, I love Huckabees.

Une bande son, il me faut une bande son. Interpol, Justice, Arcade Fire et bien sur Wax Tailor. Beethov' ? Pourquoi pas. Ca y est tout prend forme. J'aurai surement tout oublié demain, mais. Tan-pis.

Où va-t-on? Là bas ? Ouais là-bas. Il pourrait partir en Argentine. Non trop classique. En irlande ? Oui l'irlande. C'est beau l'Irlande. A sa recherche. La recherche de qui ? Peu importe. De lui, de nous, du public, du bonheur, des gens, de sa vie à lui. Loin de ceux qui veulent sans arrêt la lui arracher. On lui fait comprendre chaque jour qu'il est inutile. Mais quand il part, quand il fait ses choix à lui, on le reprend et on s'impose pour toujours donner son aval. L'occasion unique de vraiment faire ce dont il rêve. Partir.

Oui. Ce serait beau. J'ai les couleurs, le grain. Une équipe, des potes, et cette idée qui germe. Un feu sur la plage. Les bouteilles d'alcool au frais dans la mer, Interpol à fond et des anglais qui dansent. Hum ca va être très bon. Très très bon.

Putain, t'es bourré, tu rêves, tu t'en vas. Tu vis ?




We spiiiiies, we slooow hands



N'empèche je me suis fait chier avec les italiques, z'avez vu? Bon ok, je vais me coucher...

mardi 10 juin #9520677

"Ca va" 2 ou "Ca va même très bien."

Réfléchir et réfléchir encore. Parce que sans ordinateur, c'est con, mais on se fait chier. T'as beau essayé de lire, t'y arrives pas, parce que t'es en train de réfléchir. Logique. Alors tu balances le bouquin. C'était Rimbaud, tu t'en fous, tout le monde sait que c'est qu'un con.

T'es là à retourner ton problème dans tout les sens. Ca te rappelle quand tu te tapais les équations des cours de maths pendant toute une soirée. Tu te rends compte que t'as toujours aimé les problèmes et peut-être même que tu les cherches. Sinon tu serais pas là à galérer à nouveau...

Donc tu retournes et... tu retournes. T'aimerais comprendre, savoir, imaginer mais. Non. Tu piétines.

A cours d'idée, tu te rappelles... Si y a pas de solution, c'est que y a pas de problème... Pas faux, pas faux du tout et peut-être même très vrai... C'est vrai, y a pas de problème. Tu sens que vous vous éloignez tout doucement, que "vous" s'éloigne, tu sens que t'as pas ta place et qu'en plus y a de la concurrence. C'est pas vraiment ça qui te fait peur. D'ailleurs là dedans y a pas grand chose qui te fait peur. C'est juste qu'elle est pas claire et ça, ça ne t'intéresse pas.

Non voilà ça ne t'intéresse pas.

Tu comprenais pas que dans ton problème, t'essayais d'opposer deux choses qui, en fait, voulaient dire la même chose. T'essayes de mettre des mots dessus, mais... mais... Rien n'existe. Tu te monte la tête sur une fille sans vraiment comprendre qu'en fait, "on verra".

"On verra". Parce que t'es pas si pressé que l'un de vous deux disent "non". T'es pas si pressé de quitter ici. La France te manque, oui, mais ici, t'as plus tes rapports à faire, t'habite à 100 mètres de la plage centrale et en plus ça te rappelle Rivesaltes.

Ce matin, t'as souris à une petite vieille qui arrosait son minuscule jardin devant chez elle. T'as frémis au bruit des voitures. T'as aimé ce soleil étouffant, ce soleil qui donnait envie de continuer à marcher, continuer de découvrir, continuer de... faire plein de trucs.

Tu aimes, je crois, et tu râles seulement quand tu te dis que y a plein de choses à faire et que t'as pas encore eu le temps d'y penser. Aller à Londres, prendre l'avion, dormir dans un bus, voler des pommes, réussir un ricochet, boire ton café à la paille, coucher avec sa sœur, se réveiller à côté d'une anglaise, arrêter de se réveiller à côté d'anglais tout bourrés, sourire un peu plus par jour, ne surtout pas penser que ton mauvais caractère est nul, au contraire, moi je l'adore, gagner la ligue des champions, finir Brooklyn follies, et putain de putain, prendre ton ordinateur, aller dans un café et finir ton film, bordel de merde !

C'est bizarre, mais je crois que là... je m'en fous de tout. Alors avant que tout me rattrape et me pète à la gueule, je préfère juste rêvasser un peu et tiens, allons-y, laissons-nous planer.

Evil - Interpol

"Ca va."

Reprendre le papier pour écrire et finalement aimer ça. Parce que c'est faire comme si. Comme si les mots avaient plus d'importance. Alors que.

L'ordinateur est resté au bureau pour faciliter le déménagement. On s'est rapproché de la mer. De la vraie. De la France. Je comptes les jour, je crois. A vrai dire je n'en suis pas sur. Je le saurai quand j'aurai atteint le zéro du décompte.

Passionnée m'a (encore) dit des choses qui m'ont fait reflechir. Elle m'a parlé d'un autre garçon. D'un garçon qui a des qualités que j'aurais aimé avoir. Finalement, on idéalise toujours un peu. Elle en a parlé avec des mots de presque amoureuse. J'ai dit "presque".

Pas de jalousie, non. Mais de l'envie. Envier son détachement, sa nonchalance. Peut-être la montrer parfois, mais ne jamais l'avoir vraiment.

J'ai alors pensé à Sharon. Suis-je aussi accroc que je tente de l'écrire ou n'est-elle qu'un imaginaire faite pour... occuper ? Je n'ai pas de réponse là. Pas comme ça. Pas maintenant et peut-être jamais. Ou s'il y en a une, ce serait peut-être... "ça va". Ouais, "ça va", c'est une jolie réponse.

Un peu entre la réponse "rouge" à "Quelle heure est-il ?" et "je le vis bien" à "Tu n'est qu'un tordu complexé et torturé."

"Ca va." Le temps érode le manque de l'autre mais pas son gout. Je suis toujours certain que ses lèvres sont délicieuses mais je me contente du souvenir sans vraiment en vouloir plus.

C'est peut-être triste de renoncer à ce genre de choses. Mais, à plus de mille kilomètres, on vit comme on peut.

vendredi 06 juin #9466440

Oui, peut-être, surement.

Je me tâte, j'hésite et je désespère. A quoi vraiment tout cela sert si ce n'est pas assez libre ? Tout mes mots ne vont qu'à une et ne dépende que d'une. Je connais trop ceux qui me lisent pour tenter un jour de les décevoir.

Alors fuir? Oui peut-être. Surement même ! Fuir parce que le seul refuge que l'on connait nous déplait. Et si ce que j'écris me semble triste et gâchant l'unique créativité, l'unique crédibilité.que je puisse dégager, que faire? Est-ce que tout cela est-il vraiment important. Tout ici est trop libre pour évoquer un seul jour le manque. Que me faut-il vraiment ? Je ne sais pas. On compte les jours. Que faire lorsqu'elle sera là ?

Eviter de faire ce que l'on a toujours fait. Partir. Ou peut-être partir avec elle. Casse-tête. Mais ici, tout est simple, je décide. Partir ? Oui, peut-être, mais cette fois, ne rien dire à personne

?

Ben W à 05:15
En pyjama
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