vendredi 08 août #10178155
... il.
Il savait qu'elle sortait à 17h30. Alors il a attendu. Et puis elle est apparue. Dans un jean slim et un gilet beige à grosse maille. Elle était jolie et il y avait quelque chose de charmant dans sa démarche.
Il ne voulait pas parce qu'il ne savait pas vraiment, parce qu'il n'était sûr de rien. Son meilleur ami lui disait tous les jours de se lancer mais il n'avait jamais vraiment fait ça. Et puis il ne la connaissait pas. Juste peut-être ses deux grands yeux et sa voix fluette. Il parait qu'elle l'aimait bien. Que ça se voyait. Mais lui ne voit jamais rien. Lui, il se sentait toujours à l'abri malheureux de ce genre de choses.
Il ne savait pas comment la faire accepter de venir. Il savait juste qu'il allait encore une fois passer pour un mec étrange. Il avait un peu peur de sa réaction. Il savait qu'il cassait un peu de sa carapace et qu'un refus allait lui faire du mal. Mais après tout, il devait y aller maintenant ou jamais. Il préféra lui faire la surprise.
Il sentait son parfum dans la voiture. Il aimait. D'habitude il appréciait le silence aussi. Mais là il regrettait de n'avoir pas laissé la musique. Le silence le troublait et le trouble le faisait sourire. Il n'a jamais aussi bien conduit. Il préférait se concentrer sur la conduite que sur les deux mains croisées de la jeune fille sur ses cuisses. S'ennuyait-elle déjà ?
Il s'arrêta comme à son habitude au milieu du chemin. Il venait d'amener quelqu'un dans son coin. Son coin à lui. Il tremblait. C'est là qu'il se réfugiait pour se dégager du reste. Là où il apprenait le silence que parfois son entourage lui reprochait. Le silence qu'elle lui reprochera un jour mais que peut-être elle comprendrait si elle voyait cet endroit.
Il l'aida à gravir la pente. Lorsqu'elle serra sa main, c'était comme si elle serrait son cœur. Non, il ne l'aimait pas. Pas encore. Mais le lieu, son parfum, le silence jouaient sur son émotion. Sa peau était douce et sa main petite. Arrivés en haut, ils se sont souris. Arrivé en haut, il se sentait mieux. Elle était là, chez lui, dans ce terrain vague. Il pouvait retrouvé son calme car maintenant il était trop tard pour reculer.
Il coupa le silence devenu ennuyeux en lui expliquant qu'il aimait ce lieu, qu'il aimait le calme. Il aurait aimé lui expliquer que parfois il lui arrivait de crier pour faire sortir certaines déceptions. Mais elle aurait posé des questions sur ces déceptions. Alors il lui demanda juste de crier. Comme ça pour rien. Ou peut-être pour savoir jusqu'où elle irait.
Il avait bien vu qu'il en avait peut-être trop dit. Alors pour essayer de l'entrainer avec lui et surtout pour rejeter le rouge gêné qui lui montait aux joues, il cria le premier. D'abord en souriant, puis plus sérieusement. Et là. Elle suivit. Des cris un peu étouffés par la timidité mais il aima cette timidité.
Il s'est assis le premier. Il ne savait plus rien dire. Il ne savait pas faire le dernier geste. Et puis elle commençait à l'intimider. Une fille qui l'avait suivi ne peut-être que bien. Il n'avait pas envie de s'emballer mais il commençait à s'attacher. Savait-elle ce que cela signifiait pour lui ? Il allait assurément la faire fuir s'il continuait. Il en avait trop fait. Continuer à parler aurait été s'ouvrir encore et là, il ne savait ce qu'il pourrait en sortir.
Il ne savait plus qu'il était. La dernière l'avait traité de morceau de métal. Mais le morceau de métal venait de se faire chauffer au rouge. Il venait de se faire serrer dans l'étau d'une passion discrète et silencieuse.
Il n'osa pas regarder dans le rétroviseur lorsqu'il redémarra. Il aurait aimé peut-être qu'elle lui serrait encore un peu le cœur avec sa main.
Elle...
Elle ne disait pas un mot dans la voiture. La bouche close mais le coeur battant, elle n'osait pas le regarder. Il conduisait avec un sourire fin, serein. Un sourire qui intrigue et interroge. Un sourire qui lui mettait le ventre en feu.
Elle marchait et puis sa voiture est apparue. D'abord le bruit du moteur qu'elle a reconnu d'entre milles. Et puis il a baissé la vitre, et il lui a dit de monter, juste pour voir, comme ça. Il voulait lui montrer quelque chose. Alors oui, pourquoi pas. Oui, pourquoi pas.
Elle ne le connaissait pas vraiment, en fait. Mais son regard, son silence et sa timidité la fascinait. Un amour de jeune écolière. Un amour qui ressemble à tous les autres. Un amour qui reste parce qu'elle ne peut rien faire d'autre que soupirer quand il la regarde. Parce qu'elle ne peut rien faire d'autre que rougir quand il lui adresse un mot ou deux.
Elle se rappelle de tous les mots qui lui dit. Elle les note dans sa tête. Elle se crée une histoire fictive pour éviter de se dire qu'elle est seule, qu'elle est vaine. Et puis lui, ce n'est pas n'importe qui. C'est lui, c'est elle. C'est eux.
Elle est descendu de la voiture quand il lui a dit "c'est là." Une petite coline, et puis une vaste plaine. Ils sont montés tout les deux. Il lui tenait la main. La surprise prenait un peu le pas sur l'excitation du doux touché de sa paume, mais elle se sentait partir.
Elle l'a écouté dire qu'il aimait bien venir là. Pour réfléchir. Que même si aujourd'hui il ne faisait pas très beau, d'habitude il y a un charme fou à somnoler ici en fin d'après-midi. Et il lui a demandé de crier. De crier. Personne ne l'entendrait. De crier ce qu'elle voulait. Que c'est comme cela qu'il se soulage, lui.
Elle ne savait pas vraiment quoi faire. Elle pensait que c'était un peu tordu. Follement romantique, mais un peu tordu. Il a montré l'exemple. Criant simplement des syllabes sans sens. Sans sens mais pas sans raison. Elle se sentait entrer dans son univers, peu à peu.
Elle était troublée. Ses sentiments l'empêchait de vraiment profiter. Elle ne comprenait pas vraiment. Elle aurait aimé crier qu'elle était heureuse d'être là. Qu'elle l'aimait. Qu'elle voulait l'embrasser. Mais elle a juste crié des syllabes, comme lui. Crié autre chose pour qu'il ne voit rien.
Elle a attendu que l'écho se taise. Elle savait qu'il profitait du silence et ne voulait surtout rien dire. Et puis qu'aurait-elle dit ? Au moment de partir, pour la faire sourire, il lui a dit que pour une première fois, c'était pas mal et évidemment elle a sourit.
Elle se sentait comme une petite fleur. Elle venait de subir une tornade de frémissements. Elle se sentait heureuse d'avoir survécu, mais peut-être aurait-elle aimé qu'il l'emporte complètement.
Elle est descendu de la voiture et l'a regardé partir. Oui, elle aurait aimé qu'il l'emporte complètement.
mercredi 09 juillet #9863001
Cette fille, c'est une chanson des Cranberries
Et repartir ?
Où ? Pourquoi ? Comment ? Et surtout avec qui ?
On se noue dans des histoires courtes qui réconfortent. Un peu comme celles qu'on nous raconte pour nous faire dormir. J'ai plutôt l'impression qu'elle nous font attendre. Attendre le lendemain, le lendemain tout beau tout cliché, le lendemain où y a des oiseaux qui jouent et des enfants qui volent. Le lendemain de l'idéal et de la logique absurde d'un amour qui enfin durerait plus qu'une dérisoire existence.
Mais au-delà de cela... Qu'y a t-il ? QUI y a t-il ? La fin ne m'intéresse pas non, c'est réellement le chemin qui importe. Le comment et non le pour-quoi.
Elle me hante. Elles me hantent. Mais je n'en parle pas. J'écoute et m'immisce dans les histoires des autres, de peur que l'on viennent fouiner dans les miennes. Dans LA mienne. Celle que je n'ai pas encore saisie mais qui obsède.
Faut-il la rappeler ? Il paraît qu'elle s'est fait blonde. Cela peut-être intéressant à voir, et peut-être à... toucher ? Non, sûrement pas. Pas avant que cela soit clair, évident. Je ne veux pas me présenter avant d'être sûr. Nous ne le supporterions pas.
Le train avance doucement vers chez moi. Mon vrai mais agonisant chez moi. Et je ne pense qu'à dormir. Voilà près d'un an que je n'avais plus eu cette envie de dormir. Où étais-je donc passé ?
J'ai passé tant de nuits blanches sans vraiment les ressentir. Passer tant de cigarettes sans vraiment les fumer. Passer tant de yeux sans vraiment les apprécier.
Dois-je pour autant me venger sur la prochaine paire bleue que je verrai ? Non, bien sûr que non... J'ai dit que non.
Alors quoi ? Alors oublier, faire comme si ? Espérer sans être certain ? Ce n'est pas moi, ni toi d'ailleurs. Et puis ce serait injuste. Oui voilà, injuste.
Alors rester là, patienter, et dormir. Laisser mon compte à 0, mon facebook sur it's complicated, pour ne pas dire « changeant », et attendre, fixant l'horizon en fronçant les sourcils et vouloir un truc stable, sans savoir commet ça fonctionne et surtout si ça fait mal.
"Tu fais vachement bien le zombie !
- Hein, quoi ? Désolée j'étais ailleurs."
Merci. Quand même.
mercredi 18 juin #9617932
Lamentable au féminin
Retourner un problème qui n'est plus le tiens. Manquait plus que ça. Elle t'a éjecté, limogé, limite exterminé de son subconscient. Et pourtant... Et pourtant tu t'inquiètes de ce revirement. Tu t'en inquiètes et tu oses même dire que tu aimerais comprendre. La comprendre.
Tu te souviens qu'il n'y a pas si longtemps elle rêvait que tes mots lui soient destinés. Et aujourd'hui alors que quoique ceux-ci fassent, ils pensent à elle, elle n'en veut plus. Mouais. Mouais. Ouais.
Tu regardes et tu te demandes si toi aussi tu aurais du parler de tes infidélités. De la fille du RU, de cette anglaise dont tu rappelles juste du nom et de ses cheveux dans les yeux, de cette ex vu en coup de vent... Non bien sur, tu n'aimes pas déballer après coup, mais peut-être que si tu ne l'as pas dit avant et si ça te préoccupe tant, c'est que peut-être ça comptait. Un peu, du moins.
Peut-être aussi que décidément elle ne te laisse pas indifférent, foncièrement pas indifférent. T'y avais cru, à ses mots à elle, et surement, lueur du désespoir, tu ne crois pas à ceux d'aujourd'hui. Tu attends le retour. Tu attends à nouveau ton tour, car comme ça, sans raison, tu sais qu'il reviendra.
Après... Après qui sait vraiment ce que tu penses ? A part toi. Jamais tu ne le diras. Même pas ici. Car ce sont ces pensées qui te permettent de rester en l'air et de sourire même quand tu lis tout cela. Ce sont ces pensées qui te permettent d'avoir de l'avance.
En fait. En fait, tu t'aimais bien quand tu jouais à Hugh Grant. T'es célibataire maintenant et tu sais qu'un jour elle viendra. Celle que tu attends patiemment dans ton coin. Celle parmi les autres qui t'occupent. Celle qui ne sera pas juste "évidente" mais logique. Oui, voilà, lorsque la raison accordera la passion, là, tu sauras que c'est elle.
Tu repars dans ta quête de la dernière poupée russe, de mon Anna Scott, de la vraie Sharon...
"Le bonheur ne serait pas le bonheur sans une chèvre qui jouerait du violon..."
Rien à dire ce film regorge de perles...
mercredi 11 juin #9527018
Texte de quoi ? de bourré ? Non, désolé. Connais pas.
3 textes en 1 jours... ok promis j'arrête.
Putain, ça penche. Et ce couloir qui n'est décidément pas droit. Bordel. Ca penche. Mon lit ? Non, jamais. Trop tôt. Mon dieu, qui est-il lui ? Je me connais tellement que parfois je ne me reconnais pas dans la glace. On est allé beaucoup trop loin là, non? Oui c'est certain, mais après tout... On aime ça. On se drogue à la dualité et on rit de perdre les gens.
Il prit du pain et dit "Ceci est mon corps. Mangez-en". Il prit du vin et dit "Ceci est mon sang, buvez-en". Enfin il prit du vent et dit "Ceci est ma vie et croyez la."
Mon... Dieu. Tu craques. Surement le soleil. Et l'alcool. Le ciel était pourtant si bleu. Mon regard perdu croise la tête noire d'une mouette. Mon... Dieu. Tu souris. Surement le soleil qui nous rougit les joues et les yeux fermés aussi. Mon regard suit les impuretés sur ma lentille, cette impureté qui s'enfuit sans cesse. Ne bouge plus, tu es à moi !
Que c'est doux. Savez-vous que la route est souvent plus courte si l'on court ? Non, vous ne savez pas. Parce que vous êtes loin, très loin. Aussi loin que là où je peux vous emmenez. Un road movie. Oui c'est ça. Little Miss Sunshine, Paris, Texas , Une histoire vraie, Thelma et Louise. Ajoutons à cela Moi, toi et tous les autres et surement le très très bon, I love Huckabees.
Une bande son, il me faut une bande son. Interpol, Justice, Arcade Fire et bien sur Wax Tailor. Beethov' ? Pourquoi pas. Ca y est tout prend forme. J'aurai surement tout oublié demain, mais. Tan-pis.
Où va-t-on? Là bas ? Ouais là-bas. Il pourrait partir en Argentine. Non trop classique. En irlande ? Oui l'irlande. C'est beau l'Irlande. A sa recherche. La recherche de qui ? Peu importe. De lui, de nous, du public, du bonheur, des gens, de sa vie à lui. Loin de ceux qui veulent sans arrêt la lui arracher. On lui fait comprendre chaque jour qu'il est inutile. Mais quand il part, quand il fait ses choix à lui, on le reprend et on s'impose pour toujours donner son aval. L'occasion unique de vraiment faire ce dont il rêve. Partir.
Oui. Ce serait beau. J'ai les couleurs, le grain. Une équipe, des potes, et cette idée qui germe. Un feu sur la plage. Les bouteilles d'alcool au frais dans la mer, Interpol à fond et des anglais qui dansent. Hum ca va être très bon. Très très bon.
Putain, t'es bourré, tu rêves, tu t'en vas. Tu vis ?
We spiiiiies, we slooow hands
N'empèche je me suis fait chier avec les italiques, z'avez vu? Bon ok, je vais me coucher...
dimanche 25 mai #9313107
Parler à l'imparfait ou ne pas parler du tout.
On était tous là. 'Fin, non pas tous, à peine 4 ou 5 que je connaissais. Y avait toute sa famille. Et pis y avait nous, les copains de l'époque. On était pareil, mais en moins bruyant, en moins gamin. On se connaissait plus vraiment. La situation ne se prêtait pas à la réjouissance des retrouvailles. Depuis le temps qu'on parlait de se faire un truc, c'est triste, c'est banal, c'est décevant de dire que ca y est on y est arrivé, mais contraint par les mauvaises maladies.
Juste quelques mails et un lien qui restait. Il m'avait même appelé quand il avait trouvé sa gonzesse. J'étais encore avec ex-Idéale, je crois. Je n'avais même pas été cynique devant tant d'emportement et d'enthousiaste. Je le serais peut-être aujourd'hui, j'ai surement bien fait. (On aurait pas du ?) Il parait qu'ils allaient bien ensemble. Qu'ils étaient faits pour s'aimer et rien d'autre. Il avait eu des poussées lyriques. Il a peut-être gagné son billet pour une place éternelle dans son cœur à elle, mais c'est triste quand même.
Alors oui, on était tous là, à écouter le mec d'église. Les églises, c'est comme les hôpitaux, j'ai jamais aimé. J'ai jamais aimé les mecs qui s'habillent en noir et qui disent qu'ils font du bien. Nous on était aussi tous habillé en noir. Mais on se sentait pas bien. On a bien essayé deux-trois mots. J'ai accroché quelques sourires, des sourires de pitié, de déception. Des sourires de rien d'autre.
Je ne sais pas pourquoi j'en parle aujourd'hui. Ça devait partir comme c'est venu. Mais c'est l'image de sa copine, là sur sa chaise, le regard dans le vague, qui reste. Normalement, la plupart du temps, on dit que ca te fait relativiser ce genre de stupidité de la vie. Mais c'est pas vraiment ça.
C'est juste que des fois, je me vois bien arrivé sur un cheval blanc à Grenoble, habillé assez classe, et lui dire "viens, on s'en va. Hue coco !". Je sais c'est stupide de penser à ça, mais je l'imaginais elle, sur sa chaise à attendre qu'il entre par la porte, le sourire et le teint bronzé. Elle attend surement encore, et c'est ça qui fait mal. Moi j'attends un truc possible, enfin presque, on sait jamais, elle non.
Pour m'en aller, j'ai prétexté un cours ou une gastro, je ne sais plus très bien. J'ai pas dit au revoir et j'ai trainé un peu en ville. J'ai trainé. En pensant à lui, à elle, à des choses très banales, mais inévitables. Ras-le-cul des trucs inévitables.
Tout n'est jamais trop tard, mais tout n'est jamais trop tôt non plus.
Stéphane D. est décédé le 29 mars 2008, d'un accident cardiaque due à une anomalie du coeur indecelée. Il aurait eu 22 ans il y a quelques jours. Inutile de préciser qu'ils avaient énormément de projets.
lundi 19 mai #9237033
Oscar Wilde.
Faut que j'écrive quelque chose de doux. Loin de ce qui me tracasse car au final, ce n'est pas si important. Ne pas sombrer dans des mots que l'on pourrait regretter. Et puis en ai-je vraiment envie ?
Je ne suis que dégoûté. C'est dire la faible importance. Qu'elle me mente n'est pas un soucis. Je mens moi-même suffisamment pour comprendre. Mais elle se ment à elle-même et ça c'est difficile. Oscar Wilde disait qu'il n'y a que les gens superficiels qui se connaissent vraiment. Alors pourquoi le veut-elle ?
C'est comme si l'on se donnait des coups en même temps. Le dernier nous laisse sonné tout les deux, comme ça, par terre. Celui qui se relèvera gagnera le combat. Alors je réfléchis 5 secondes et je me dis que j'ai tout à y gagner en me relevant avant elle.
Ne pas être celui qui reste, mais celui qui part.
Ici, ça va. En fait, me connaissant, ça ne pourrait pas aller mieux. Incapacité, là, maintenant, de décrire tout ce que l'on se prend dans la gueule car il faudrait s'enflammer. Le dérapage, le glissade serait alors trop facile.
Je n'ai plus envie de parler d'elle, je n'ai même plus envie d'elle. Obsession extraordinaire, mais limitée dans sa conception. Elle tend vers un idéal prétendant le connaître, soit. Je fais de même, mais je le fais en silence. Ne pas mettre de mots pour ne rien gâcher. Être ouvert aux choses mais se suffire à soi-même. Ainsi peut-être toucher un bonheur qu'elle dit ne pas pouvoir me donner.
Elle deviendra comme ces amours de collège que je n'ai pu avoir que dans mes rêves et dans le regard. Il y avait toujours des gamins plus beaux et même des sportifs. C'est triste à 15 ans de se rendre compte que des sportifs un peu débiles sont plus cool que tes mots.
Elle, elle donne pas plus d'importance aux sportifs, ou pas beaucoup. Elle se donne plus d'importance à elle.
Tanpis. Marre de caresser dans le sens du poil. Elle aurait sûrement aimé qu'on se maturbe devant sa nouvelle vision des choses depuis ce voyage. Mais hélas, c'était rien de plus qu'une fille super fermée qui venait de comprendre qu'il y avait de l'insaisissable, une fille super fermée qui tentait de s'ouvrir. Mais seulement tentait.
Ça a du lui faire bien, mais ça ne fait pas rêver...
Oups j'ai dérapé. J'espère que tu m'en voudras.
Rêvant des révolutions
Sur le bord de la rivière,
Il y avait des illusions
Dans ma main que tu laissais
Sous ton pull over.
De mal penser, la faiblesse
De n'avoir pas fait d'études,
Les chansons de ma jeunesse
Et de Robert Zimmermann, l'altitude.
Des ....
J'ai perdu mon allégresse
Sur des bateaux de conquêtes.
J'ai perdu, par leur vitesse,
Quelque chose que, dans mon cœur,
Je ....
(...)
mercredi 07 mai #9087788
Evidemment.
Il est 4h tout pile. J'ai exactement 3h30 pour dormir. Un peu plus si je flemmarde au lit. N'en est pas moins que je glande là devant l'ordinateur à écrire des choses sans sens, enfin des choses qui pensent à toi... Des choses sans sens. Bien sûr ce matin aucun message de ta part. pas même l'ombre d'une pensée. Alors au lieu d'un article issue de ma dorénavant connue, puérile colère, j'ai osé un petit message gentillet au bureau. Toujours sans aucune réponse. Evidemment.
Evidemment.
Est-ce que c'est le mail qui fut assassin ou toi qui te veux meurtrière ? Je n'en sais rien évidemment. Evidemment.
Evidemment.
Evidemment, j'écoute Muse, comme un refuge. Evidemment, c'est de là que la différence est née. C'est ce jour où je les ai entendus que j'ai compris. Compris qu'il fallait changer et qu'avec la sournoise tendresse et l'aimable hypocrisie, on pouvait tout faire. Evidemment, le monde est à ceux qui le prennent. Evidemment je suis bourré. Evidemment j'ai passé une folle nuit. Evidemment, j'en ai embrassé une. Evidemment peut-être deux, mais cela ne compte pas. Des bras qui l'arrachent des miens. Où es-tu ? Tu es loin.
Loin et tu ne veux pas y revenir. Pourquoi ? "Pourquoi?" Cette irritante question qui revient sans arrêt quand le sommeil et l'alcool me quitte. Qui es-tu et qui suis-je pour toi ? A part surement l'ombre d'une prise de confiance en toi.
Evidemment cela passera. Comme toutes les autres, tu passeras. Je n'ai qu'un conseil. Si tu tiens vraiment à toutes ces paroles que j'ai dîtes au vent, méfie-toi. Je ne t'oublierai pas, non. Mais j'oublierai le sentiment. Tu auras beau être parfaite, souriante et idéale, je ne te remarquerai qu'à peine. Et regarde comme juE est belle. Mais je suis ignoble et je laisse attendre.
Va te faire foutre, mon idéale de relation. J'ai trop d'idée sur tout à force de tout convoiter, de tout étudier. Je ne connais plus la simplicité. Ma seconde nature est la complexité, si la première est la stupidité.
Pris au piège dans cet univers créé pour me plaire et qui aujourd'hui se confronte aux autres. J'attendais trop de toi. Et maintenant je comprends. Trop tard, évidemment.
Evidemment.
lundi 21 avril #8895086
Peut-être.
La fille est assise côté fenêtre. Sa tête est appuyée contre la vitre. La ventilation est froide mais ce n'est pas grave. Elle aime sentir les petits crépitements de ses cheveux écrasées, à chaque mouvement de sa tête. Elle pense qu'elle aime bien le train, en fait. C'est logique, cohérent. Rare. Elle regarde tous ces gens assis comme elle. Des histoires différentes réunies par le hasard. Elle en fait parti. Ça ne l'a rassure pas, mais ça l'a fait sourire.
Elle pense. Elle aime penser, même si d'habitude elle n'en a pas le temps. C'est peut-être aussi pour cela qu'elle aime le train. Parce qu'elle a le temps maintenant. Elle y est même contraint par la durée du voyage. On l'oblige enfin à faire quelque chose qui ne lui déplait pas.
Pas qu'elle se lasse du reste. Bien au contraire. Juste qu'elle n'arrive pas toujours à mêler suffisamment sa créativité avec le temps qui passe, avec les gens qui doutent, avec les gens qui soupirent.
Là, elle peut. Elle doit. Rêveuse, elle pose sa tête contre la vitre, après un regard sur les voyageurs qui entrent, et elle se sent bien. Elle sait qui l'attend sur le quai. Peut-être que ce garçon est bien finalement. Sinon pourquoi serait-elle partie sur un coup de tête, pour le rejoindre et y croire. Peut-être aura-t-il mis sa chemise...
Non, il ne faut pas qu'elle pense à ça. Elle imagine trop et gaspille ses réflexions dans des films stupides. Et puis bien sûr qu'il aura mis sa chemise, puisque tout sera parfait. Il l'a dit. Elle ne le connait pas mais s'il l'a dit, c'est que c'est surement vrai.
Elle repense à tous les autres, celui qu'elle n'oubliera jamais. Même si elle a très envie de gouter les lèvres du suivant, elle préfère se dire qu'on a le temps. Ne pas laisser de place à la passion débordante car elle amène la colère stupide et elle déteste les choses inutiles, ou du moins les choses qui arrivent mais que l'on voulait éviter. Oui, ne mentons pas, il faut parfois lier l'inutile à l'agréable. C'est garder un peu de liberté dans les choix que l'on nous propose.
Un peu de liberté, c'est tout ce que l'on possède au fond. Dans la foule, on ne peut pas vraiment choisir. C'est un flux constant de volontés restreintes. Si l'on veut être vraiment libre, autant s'inventer un monde où tout est permis dans la seule limite de son inventivité et ne jamais en sortir. Si un monde est trop petit, prenons un univers. Il suffit alors de ne pas le confronter aux autres. Pourquoi ? Pas pour éviter les coups, on s'en fiche de ça après tout. Non, peut-être pour garder intact la liberté nouvellement créée.
Et lui, comprendra-t-il complètement l'univers de cette jeune fille qui fait du bruit avec ses cheveux. Lui, il n'en sait rien. Lui, il a tout à apprendre d'elle. Lui, il a juste envie qu'elle s'ouvre. Lui, il ne sait que penser à elle. Lui, il ne sait qu'envoyer des messages débiles.
Alors au milieu des volutes de fumées et des mégots encore rouges qui s'envolent, l'histoire s'élance entre ces deux individus. Ces deux nouveaux nées qui ne font qu'attendre et qui ne répondent pas. Un peu perdus dans cette histoire bizarre, ils se rassurent juste par la sensation d'y être, dans cette aventure... Du moins, on l'espère.
samedi 12 avril #8783047
Mais Demain.
Quoi ? Qu'est-ce que tu veux savoir ? Comment je vais ? Et toi, comment tu vas ? Quoi, je réponds qu'avec des questions... Je réponds et c'est déjà pas mal. Ok, ok. Je me calme. C'est pas la drogue, c'est juste le manque de toi. On dirait pas hein, mais c'est la même chose. Tes yeux rouges et mes tremblements. Tes sensations qui t'échappent et mon agacement qui persiste.
On n'est peut-être que des insipides camés nous aussi. Qui sait ? Y a pas que les autres, je pense... Je pense, oui, non, ca, j'ai pas arrêter. Je pense déjà à la fin. Pas la nôtre, pas la mienne, qui, sans doute, sera la même. Non je pense à quand je repartirai. Je vis avec 3 mois d'avance et j'ai l'impression de ne pas aimer, mais qu'importe... ? Dans ce que j'aime ou je n'aime pas, il n'y a qu'une seule chose qui m'enchante, et c'est toi.
Je t'aime parce que dedans ca fait tout bizarre. Je ne t'aime pas parce qu'il ne faut pas. Je t'aime parce que c'est difficile d'y croire. Tu vois, j'utilise des gros mots qui font mal aux oreilles des avertis. C'est juste que j'y pense, et tu le sais.
Oui, j'y pense parce que c'est joli, comme je penses à toi, là quand tu étais encore sous mon menton. C'était joli aussi ça. Je pense à toi, et tu le sais même si tu ne réponds rien. Je pense à toi sur la Winston Churchill Avenue. Je pense à toi quand j'ai vu cette fille aux cheveux courts devant moi dans le bus. Quand j'étais là-bas, je pensais à l'Angleterre, et quand je suis en Angleterre, c'est toi qui trouble mes visions.
On parle anglais, et c'est si bon. Ça tangue dans le couloir. Goodnight, guys. Je n'ai pas vomi. En ce moment, ma vie se construit sur ce genre de petites victoires. Mais demain ? Mais demain ce sera de nouveau panini au beurre avec une noix de poulet. Mais demain, je vais tous les battre sur globulos. Mais demain, j'aurai encore ce gout amer de ne pas suffisamment profiter.
Mais demain, tu seras là. Enfin, j'espère. Sinon j'attendrai encore après-demain.

