mercredi 20 août #10289417
J'ai besoin de réel.
Le talent qui enfonce notre corps dans le fauteuil. Des mots que l'on lit, des mots que l'on entend, des mots que l'on voit. Que l'on ressent... ? Et la solitude qui accrue notre sensibilité.
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Si on l'aime, il est forcé qu'un jour on la déteste. On devient comme tout le monde. Oui, c'est dommage. Mais après, ne l'étions-nous pas déjà, un peu ? Tout est question de tempo, de maturité. Comprendre après coup ce que les autres ont vécu. Se voir ridiculiser parce que l'on s'est ouvert... trop tôt.
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Elles étaient pas si mal, celles-là. Je les rappellerais bien mais... Elles doivent surement déjà me détester... elles aussi. J'ai gâché les occasions. Funestes moments d'hirondelles dans le ciel et de baisers insouciants. De fleurs jetées à des espoirs de la solitude perdue. Funestes moments gâchés dans la plaie encore ouverte de n'avoir jamais compté auparavant.
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Il progresse. Il progresse dans son puzzle parce que c'est lui, le puzzle. Il voit ses années où il a souffert parce qu'il en voulait aux autres. Aux autres qu'il adorait. Les cadors qu'on retrouve toujours aux belles places. Fasciné par leurs façons d'ignorer les faibles. Alors il s'inspirait. S'inspirer et puis copier. Ne pas limiter l'imitation pour un jour être propre, différent, comme tout le monde.
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J'entends des phrases que je pensais. Il n'y a pas de satisfaction à avoir raison. La raison de l'un pour l'autre, le tort de l'un et l'autre. Se suffire à soit-même pour s'ouvrir sans basculer. Il est là, le vide. Le vide dans la confiance. Ma technique fonctionne mais fait souffrir. Je me ferme tout doucement pour éteindre lentement la lumière. On souffre de toute façon alors à quoi bon juger des jugements...
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Il faut retrouver ta folie. Celle qui passionnait. Celle qui faisait sourire. De la folie "souciante" quand même parce que consciente quoiqu'on en veule. Reprendre les rond-points dans l'autre sens comme on ne te l'a pas appris. La compréhension du reste a pris le dessus sur les amours intérieurs. Je subis. Ainsi va ta vie.
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Je voudrais... Je voudrais... Oui, je voudrais. Mais quoi ? C'est la simplicité qui devient complexe. J'aime la complexité, mais c'est malheureusement devenu trop simple. J'aimerais te dire les mots que je prépare pour toi. Si seulement tu existais. Si seulement je t'avais en tête. Si seulement toi aussi. Si seulement tu avais ne serait-ce qu'un sourire. Mais vide. Rien.
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J'aimerais peut-être juste m'ouvrir. Parler de tout cela. J'aimerais le talent de trouver la bonne oreille. J'aimerais peut-être être quelqu'un pour quelqu'un. Mais ma stupidité et ma timidité ne le verrait même pas. On a des amis, mais je n'ai pas d'oreilles. Pas d'oreilles évidentes.
...
Elle est là la source. La source de tout. La pièce qui ne manque plus, mais qui ne rentre pas. J'ai oublié d'être quelqu'un avant et j'en souffre aujourd'hui. Ainsi va ma vie.
Mal.
Cette chanson... Cette chanson.
vendredi 15 août #10242588
J'ai cassé, je casse et je casserai mes conforts pour les yeux d'une passion.
L'usure serait un moindre mal pour les beaux jours qui se profilent mais qui déjà défilent. J'aimerais vivre mais. Mais. MAIS. C'est le dégout, la honte, le crachat qui me vient en bouche. Pourquoi ? Pour rien. Enfermé dans une prison close à ne voir que mes parents, on se fatigue mutuellement. Je suis résigné et c'est contagieux, je crois.
C'est vide. Absolument vide. Des pensées vagabondes dont le remous est suffisamment négligeable pour déclarer l'encéphalogramme plat. Un oiseau qui passe. Un autre. Et puis des gens. Un sourire par habitude mais des yeux sombres.
On me dit d'être honnête, sincère. D'arrêter les questions et de passer à la franchise. Seulement l'on refuse de croire que cela peut tout casser. Alors que.
Il faut reconstruire. Se recréer pour l'année qui commence pour justement qu'elle ne recommence pas. "Jamais le même." Ainsi il faut s'y résoudre avant la constance. La constance. Ahah. Comme un rêve qui n'a jamais été pour moi. Je ne suis pas régulier, peut-être est-ce un objectif ou surement la confusion avec la volonté d'être ton régulier, ma belle. Il faut donc se refaire. Apprendre en fonction du terrain. Devenir l'idéal éphémère d'une année et ainsi prouver et démontrer la nécessité du préfabriqué.
Cette année, je rirai des passionnés de l'ambition pour, comme toujours, masquer l'ambition d'un passion. Aussi éphémère soit-elle.
lundi 04 août #10132139
Ton coeur qui bat, la vie, le reste.
Et si c'était vous, l'erreur ? Le regard jugeur s'étonne, ricane et puis grimace. Je ne m'amuse pas avec vous, c'est un fait, mais pourquoi en faire un affront ? Je ne me plais pas dans vos fêtes festives, dans ce jeu d'un m'as-tu-vu ignoble et épuisant.
On vous impose la fatigue et cela vous amuse car vous pouvez vous en plaindre. Qui sera le plus drôle, le plus riche, le plus sympa, le plus "in" et bien sur, le plus séducteur ? Un prix pour chacun et la défaite pour tous.
Haha. Oui. Dansez ! Non. Je ne danserez pas. Je ne sais pas danser. Je n'ai jamais eu votre rythme dans la peau. J'ai toujours eu du retard dans votre éducation, mais, et j'espère bien en être fier, toujours de l'avance dans ma conception esthétique.
Une conception erronée, vous dîtes ? Mais quelle est la vôtre ? Oh que oui, il faut s'amuser, seulement qu'en est-il si la vie n'est pas là ? Si ma vie n'est pas à vos côtés ? Dois-je tout de même prétendre à un faux rire, sans doute une pirouette aussi, accompagné du traditionnel trait d'esprit, pour entendre de votre bouche le sempiternelle "Ça, c'est du monsieur Ben W."
Ca me fatigue. Tout cela me fatigue. Mon orgueil, ma fierté et ma prétention me poussent à vous en vouloir pour éviter de regretter de n'être pas plus courageux et plus talentueux. Je suis tout autant pitoyable que ce que je peux lire de vous et rassurez-vous, je suis comme elle, je ne m'aime pas non plus.
Mais mais mais. C'est la rage qui m'a toujours poussé dans le mauvais sens. Des explosions d'enfant pourri gâté qui aujourd'hui se soigne à l'inventivité. Des explosions pour être comme vous. Beaux, intelligents, élégants, et même parfois charmants.
Oui, je vous admire. Votre classe naturelle car lissée et imposée depuis votre enfance, n'est qu'une énième merveille de ce monde. Et j'aurais peut-être tout donné pour vous rejoindre. Mais je n'ai jamais pu, malgré mes révoltes et mes tentatives.
Aujourd'hui ces efforts colériques me poussent vers ailleurs. Vers une vie qui me ressemble. Certes je ne peux pas vivre sans vous mais je ne peux pas vivre avec vous. Cette fois je m'en accommoderai. Je me sens vouloir être libre et y croire.
Je suis un crétin, n'est-ce pas ? Qui pourrait vraiment être libre ? Je suis assez d'accord. Seulement tout dépend du référenciel. Ne vous est-il jamais venu à l'esprit de vous créer votre propre univers dans celui des autres ? Faire de l'import-export sentimental, en prenant le meilleur de ce qui vous entoure en échange de votre vérité, de votre vision et de vos sourires, véritable cette fois.
Que l'on ne me parle pas d'amour. Non, ne me parle pas de ton amour car le mien se cultive à l'abri d'une autre. You told me you loved me. You told me you cared. You said, "I'll go with you darling almost anywhere" You said but, baby, you lied. Yes, baby, you lied. Mmm, you know that you lied (whoa), you lied(whoa).
Les plus belles chansons d'amour sont les anglophones, car on ne comprend pas les paroles. Dès que l'on commence à comprendre, tout devient compliqué.
Quelque chose de grand se prépare, tout cela résonne, sans pour autant s'entendre. Un bruit que l'on ressent tous dans sa poitrine. Ton cœur qui bat, la vie, le reste, voilà, ce qui se prépare.
Lorsque je mourrai, je voudrais que ce soit d'une vraie fatigue, pas de celle que l'on nous fourgue pour nous tenir sage. Je voudrais que mon corps, ma carcasse ne puisse plus tenir une seule cigarette par manque de force. Un manque de force voulu, inespéré.
Un manque de force, de souffle qui dirait "Oui, j'ai fait quelque chose de grand. Au moins pour moi."
jeudi 24 juillet #10027096
T'as fait une erreur, va savoir laquelle.
Erreur. Grossière. Stupide.
Claque. Dans la gueule.
Merde. Pourquoi. Comment.
C'est parti d'une recherche sur ton ordinateur. Tu tombes alors sur des fichiers bien enfouis justement pour pas que tu tombes dessus. Des films de cul, des textes méprisables mais pas corbeillés parce qu'on ne sait jamais, des bout de codes d'il y a plus d'un an. Et des conversations msn... d'il y a plus d'un an aussi.
Des conversations avec des je t'aime qu'on a prononcé et qu'on se rappelle avoir approuvés, pensés, ressentis. Et puis des engueulades. Surtout des engueulades. Des engueulades qui expliquent tout.
T'es là à relire patiemment, comme si c'était pas toi. D'ailleurs tu peux pas croire que c'est toi, ce pauvre type qui s'énerve pour un rien quand elle lui dit qu'elle l'aime. Plus méprisant, y a pas. Plus aveugle, y a pas. Plus con, y a peut-être, mais t'étais pas mal, quand même.
T'as pas envie de regretter parce que ça fait longtemps, mais tu te sens encore plus coupable. T'essayes de te dire que tu as changé. Que des vulgarités pareilles, tu n'en sortirais plus, mais tu n'es pas sûr. Ou peut-être même que t'es sûr du contraire.
Le pire, c'est que dans la conversation, le mec s'en sort facilement. Un salaud comme tu aimerais les flinguer dans les films. Un salaud qui t'a embobiné comme il l'a embobiné, elle. Qui vous a fait croire que t'étais un mec bien, un mec compréhensible et pas juste un surplu de haine vagabonde. Sans loi, et surtout sans respect pour elle.
T'as pas envie mais tu regrettes. T'aimerais peut-être même lui dire tout ça. Que des erreurs, vous en avez fait tous les deux, mais c'est bien toi le plus con, parce que tu n'as rien compris.
Pfff. Voilà, aujourd'hui, t'as fait l'erreur de relire des choses qu'on t'avait dit de jeter. T'en avais pas besoin, surtout en ce moment. Mais voilà, t'as compris et tu la regrettes.
Elle a du en avoir du courage pour sortir de toi, pour t'expulser, toi et tes mensonges, tes jolis mots et le reste aussi. Finalement, t'aurais bien aimé qu'elle t'en sorte avec elle. Mais c'est comme ça.
Tu viens de découvrir que t'es pas mieux que celui qui te l'a piqué. Et ça te hante.
mardi 15 juillet #9937435
Oui, tout va bien.
Mais où est-il donc passé ? On le cherche partout, mais aucune nouvelle ne nous parvient. Certains avouent qu'ils l'ont vu, mais personne n'arrive à l'attraper.
Il a fermé à double tour sa porte d'entrée et laissé les volets clos. Impossible de savoir s'il est à l'intérieur et c'est bien ce qui nous embête. Peu importe s'il mange à sa faim à vrai dire. C'est juste notre curiosité qui est à consoler.
On le dit perdu dans sa pensée. A quoi peut-il donc rêvasser pendant des heures ? Ce n'est pas aux femmes évidemment. Il a refusé les appâts que l'on lui a envoyé. Peut-être pense-t-il à l'amour et là, de toute évidence notre tactique ne ferait que l'ennuyer à coup sur.
Il a répondu à nos messages, mais devant tant de fausse politesse, c'est la notre qui perd patience. Chaque année, c'est la même chose. Les 15 juillet l'ennuient et le tracassent, c'est évident mais pourquoi et surtout comment ?
Personne ne le sait, et je ne saurais vous dire si cette fois, cela l'enchante car après tout, pour nous, oui, tout va bien pour lui. Qu'est-ce qui pourrait bien ne pas aller ?
samedi 05 juillet #9822110
Ce salopard.
La question ne s'arrêtait pas. Heures, minutes, secondes par secondes. Si la trotteuse bougeait, alors la question se répétait. Y répondre parfois pourtant, mais se faire rattraper par la statistique de la personnalité et recommencer à en douter. Parfois même se prendre de plein fouet une réaction qui ne semblait pas la notre, mais pourtant si plié, comme le naturel qui revient au galop.
Ce salopard.
Je ne me trompe pas, c'est impossible. Cela cloche, oui, évidemment. Je n'ai pas le droit au jugement mais il s'impose malgré moi. Se refuser mais s'y résoudre. Comme le naturel qui revient au galop.
Ce salopard.
C'est donc du gâchis qui emplit mes pensées et tes yeux. Ce gachis qui est le notre mais que c'est moi qui provoque. Pourquoi ? Parce que c'est tout ce que l'on sait faire, en tant qu'humain respectable et donc banal. J'atteins enfin ce que je craignais et donc que j'attendais. Je l'ai rejoint pour être sûr de pas être en tort, encore une fois. Je suis ignorant. Je suis redevenu ignorant d'un coup, comme le naturel qui revient au galop.
Ce salopard.
On se déguise et on s'idéalise. On se trompe mais l'on s'oublit aussi. On s'oublit dans des bras qui ne sont pas les notres pour éviter un jour de s'y découvrir complètement et de prendre peur. Qu'arrive-t'il donc aux insouciants qui se laisse aller ? Se connaissent-ils finalement plus que ceux qui y cherchent quelque chose ?
Il fallait bien que cela arrive. Tout doit arriver. La rupture de ce fil imaginaire qui noue le compréhensible, l'indicible, l'admissible, l'évitable et enfin le réalisme, est là. Il est venu pour nous le temps, d'enfin nous poser la vraie question.
Et si l'on arrêtait de penser ?
mardi 01 juillet #9769793
J'ai vu les étoiles bouger.
[The messiah will come again - Roy Buchanan]
Un étonnant vide se profile sous chacun de mes pas. Je lis du mépris que je crée dans les regards des gens d'ici. Je le crée car évidemment c'est moi qui rejette en bloc cette ville. Cette ville morte. Définitivement morte lorsque je la regarde. N'aurait-elle plus rien à m'apprendre ?
J'ai suivi tout le monde en haut de la colline. Je me suis servi en alcool et là en allant pisser dans un coin sombre de verdure, j'ai regardé en l'air. J'ai alors vu les étoiles bouger. Bouger sans moi. J'étais comme coincé là, ma bite dans les mains, à ne pas savoir mon avenir. Ouais, l'homme est définitivement coincé là, un peu perdu, sa bite dans les mains.
Allez, d'accord, on voit boire un coup en ville avec les potes. Il y avait "Depuis le temps..." sur toutes les lèvres. Je les connaissais tous sauf elle. De passage. Comme moi, faut-il croire. Comme tous, faut-il penser. Le long monologue sur l'Angleterre les assommait mais il ne s'arrêtait pas. On voulait en savoir un peu plus sur les Anglaises évidemment, bande de petits vicieux que nous sommes.
Il les assommait tous, sauf elle peut-être. J'étais déstabilisé par ce regard perçant qu'elle me lançait. Pour y échapper, mes mots allaient à tout le monde, mais j'avais l'intime confidence qu'ils ne raisonnaient que chez elle.
On pourrait me faire voir des milliers de visages parfaits, des millions de corps idéaux, je ne frémirais pas. Pourtant le pétillement de deux yeux m'achèvent et me fait sombrer dans une douce hérésie et un trouble indéniable. Si elle n'avait pas les codes, ses yeux parlaient pour m'avoir. J'ai vu les étoiles bouger dans ses yeux, seulement mes mains, cette fois, étaient libres de prendre les siennes.
Je ne suis qu'un menteur qui racontent des jolies choses pour faire sourire les jolies filles. Une blitzkrieg parmi d'autres. Une idylle de deux jours parmi d'autres. La revoir demain, et puis repartir. Ne pas regretter, parce qu'il n'y a pas de place au doute. Nous sommes déjà suffisamment faible pour encore avoir des remords.
mardi 24 juin #9686380
Pied posé à terre, refaire tout à l'envers.
Exactement 76 jours, environ 11 semaines, 2 mois et demi.
Un peu plus de 525 cigarettes. 30 cuites, 19 maux de ventre, 1 vomissement. Une dizaine de coups de foudre, 5 flirts, 1 beauté agaçante, 1 nuit ahurissante. 55 jours au bureau, 7 vraiment actifs, 1 projet terminé. 1 vue sur la mer, plusieurs coups de soleil, 1 rhume, pas mal de maux de tête. 4 "j'ai envie de rentrer." 20 "Mais c'était quoi cette soirée !!!!", 1 "Je pourrais passer ma vie à caresser ses fesses." 13 "J'aimerais bien que ça continue un peu plus longtemps. Juste un peu, voyez." 76 "On s'en fout". 300 "Putain" au bas mot et je ne sais plus combien de "Toi, je t'aime."...
Tout le reste aussi, les baisers pour une cigarette, les rires, les sourires, les interrogations, les réécritures de rapports, le doute... Aphone et les 3 puceaux, les cons. Le con. Les "putain mais profite", les barbec sur la plage, les "putain, qu'est-ce que je fous là?", les coups de vent et les vents tout court.
Pied posé à terre, refaire tout à l'envers. L'appeler elle car c'était le dernier plaisir avant de partir. Le crédit m'évite de faire une bêtise. L'envie, un peu aussi. Non, surtout. Croire qu'il y en a peut-être une autre. Une autre qui est lettonienne. Elle avait des yeux... Mon dieu, des yeux... Oui des yeux et c'est déjà pas mal. Elle était belle, et elle avait le charme de celles qui partent avant qu'elles ne vous déçoivent.
Se dire que chacune qui croise mon chemin, un peu, beaucoup, on les aime toutes un peu, à leur manière, à ma manière. On les a aimé comme elles avaient envie qu'on les aime.
Mais dans mes entrailles, j'ai surtout aimé leur sourire, je crois. Une fille amoureuse et qui se sait aimée, sourit d'avantage. Il y a alors ceux qui les font boire, ceux qui racontent des blagues, et ceux qui les aiment. Seulement c'est alors très facile de perdre. De se perdre. Perdre le jeu, sur une main pourtant gagnante. On souffre un peu et puis... on boit, on fait des blagues qui ne font rire que nous, et on tente de s'aimer quand même pour arrêter de l'aimer, elle.
Pied posé à terre, refaire tout à l'envers. La tête perdue dans cette saoulerie sur le ferry la nuit dernière. Les doigts perdus dans ses cheveux, la nuit d'avant. Et enfin les yeux perdue par quelque chose que l'on connaît mais que l'on ne décrit pas.
Courir après des trains, coincer sa valise dans la porte qui se ferme. Balader sa maison sur roulette. Se sentir jeune, et voyager sur un air un peu bizarre, un peu fou sans doute. Voir tous ces gens heureux, souriant, célébrant quelque part l'amour. Les regarder bouffis de sanglants clichés, mais ne pas trouver ça ringard, parce que... ça ne se fait pas.
Être avec et pourtant assez loin aussi. S'ouvrir autant que l'on peut, mais sentir qu'il y a quelque chose qui peut déborder à tout moment. L'énergie, les rires, les émotions emmagasinés durant ce séjour veulent sortir mais attendent l'occasion. Peur des larmes ? Peut-être.
Pied posé à terre, refaire tout à l'air. Débarquer chez elle. Découvrir un peu plus que ce qu'elle avait pu me dire. Mettre des noms sur des têtes. Rencontrer. Une autre beauté agaçante. Une qui évidemment porte le même prénom. Ne pas sombrer. Se convaincre que non, elle n'est pas si terrible mais avoir le ventre en feu. Classicisme romantique au paroxysme de la banalité. Chercher de la complicité là où l'on peut, et lui parler de celui qui la fait craquer. Plan qui ne marche jamais, mais apaisant sur l'instant.
Apaisant et surtout utile. Utile pour oublier. L'appeler, Elle, quand même pour voir. On n'est pas fait pour être ensemble, bien, certes, ok. Mais boire ? Ca, tout le monde sait le faire ensemble. La voir une dernière pour se convaincre que l'on a rien à faire tous les deux... ou sûrement tomber dans le sentiment inverse.
Envie de jouer avec le feu. Jouer avec ses émotions. En attendant que quelqu'un d'autre le fassent à sa place. Oui, en attendant, toujours en attendant.
1800 heures, 108000 minutes, 6480000 secondes moins quelques grains de sable, qui pèsent lourd face à nos quelques 28 heures passées ensemble, n'est-ce pas ? Mais un jour et même plusieurs, j'ai eu l'audace de croire qu'un sentiment aussi fort, pouvait surpasser le temps.
Sentiment stupide mais malgré les nouvelles envies, l'expérience et la divine envie de repartir, la stupidité sur ce genre de choses est une qualité qui, je l'espère, ne me quittera jamais. Car c'est dur, oui, mais.
mardi 10 juin #9520677
"Ca va" 2 ou "Ca va même très bien."
Réfléchir et réfléchir encore. Parce que sans ordinateur, c'est con, mais on se fait chier. T'as beau essayé de lire, t'y arrives pas, parce que t'es en train de réfléchir. Logique. Alors tu balances le bouquin. C'était Rimbaud, tu t'en fous, tout le monde sait que c'est qu'un con.
T'es là à retourner ton problème dans tout les sens. Ca te rappelle quand tu te tapais les équations des cours de maths pendant toute une soirée. Tu te rends compte que t'as toujours aimé les problèmes et peut-être même que tu les cherches. Sinon tu serais pas là à galérer à nouveau...
Donc tu retournes et... tu retournes. T'aimerais comprendre, savoir, imaginer mais. Non. Tu piétines.
A cours d'idée, tu te rappelles... Si y a pas de solution, c'est que y a pas de problème... Pas faux, pas faux du tout et peut-être même très vrai... C'est vrai, y a pas de problème. Tu sens que vous vous éloignez tout doucement, que "vous" s'éloigne, tu sens que t'as pas ta place et qu'en plus y a de la concurrence. C'est pas vraiment ça qui te fait peur. D'ailleurs là dedans y a pas grand chose qui te fait peur. C'est juste qu'elle est pas claire et ça, ça ne t'intéresse pas.
Non voilà ça ne t'intéresse pas.
Tu comprenais pas que dans ton problème, t'essayais d'opposer deux choses qui, en fait, voulaient dire la même chose. T'essayes de mettre des mots dessus, mais... mais... Rien n'existe. Tu te monte la tête sur une fille sans vraiment comprendre qu'en fait, "on verra".
"On verra". Parce que t'es pas si pressé que l'un de vous deux disent "non". T'es pas si pressé de quitter ici. La France te manque, oui, mais ici, t'as plus tes rapports à faire, t'habite à 100 mètres de la plage centrale et en plus ça te rappelle Rivesaltes.
Ce matin, t'as souris à une petite vieille qui arrosait son minuscule jardin devant chez elle. T'as frémis au bruit des voitures. T'as aimé ce soleil étouffant, ce soleil qui donnait envie de continuer à marcher, continuer de découvrir, continuer de... faire plein de trucs.
Tu aimes, je crois, et tu râles seulement quand tu te dis que y a plein de choses à faire et que t'as pas encore eu le temps d'y penser. Aller à Londres, prendre l'avion, dormir dans un bus, voler des pommes, réussir un ricochet, boire ton café à la paille, coucher avec sa sœur, se réveiller à côté d'une anglaise, arrêter de se réveiller à côté d'anglais tout bourrés, sourire un peu plus par jour, ne surtout pas penser que ton mauvais caractère est nul, au contraire, moi je l'adore, gagner la ligue des champions, finir Brooklyn follies, et putain de putain, prendre ton ordinateur, aller dans un café et finir ton film, bordel de merde !
C'est bizarre, mais je crois que là... je m'en fous de tout. Alors avant que tout me rattrape et me pète à la gueule, je préfère juste rêvasser un peu et tiens, allons-y, laissons-nous planer.
Evil - Interpol
"Ca va."
Reprendre le papier pour écrire et finalement aimer ça. Parce que c'est faire comme si. Comme si les mots avaient plus d'importance. Alors que.
L'ordinateur est resté au bureau pour faciliter le déménagement. On s'est rapproché de la mer. De la vraie. De la France. Je comptes les jour, je crois. A vrai dire je n'en suis pas sur. Je le saurai quand j'aurai atteint le zéro du décompte.
Passionnée m'a (encore) dit des choses qui m'ont fait reflechir. Elle m'a parlé d'un autre garçon. D'un garçon qui a des qualités que j'aurais aimé avoir. Finalement, on idéalise toujours un peu. Elle en a parlé avec des mots de presque amoureuse. J'ai dit "presque".
Pas de jalousie, non. Mais de l'envie. Envier son détachement, sa nonchalance. Peut-être la montrer parfois, mais ne jamais l'avoir vraiment.
J'ai alors pensé à Sharon. Suis-je aussi accroc que je tente de l'écrire ou n'est-elle qu'un imaginaire faite pour... occuper ? Je n'ai pas de réponse là. Pas comme ça. Pas maintenant et peut-être jamais. Ou s'il y en a une, ce serait peut-être... "ça va". Ouais, "ça va", c'est une jolie réponse.
Un peu entre la réponse "rouge" à "Quelle heure est-il ?" et "je le vis bien" à "Tu n'est qu'un tordu complexé et torturé."
"Ca va." Le temps érode le manque de l'autre mais pas son gout. Je suis toujours certain que ses lèvres sont délicieuses mais je me contente du souvenir sans vraiment en vouloir plus.
C'est peut-être triste de renoncer à ce genre de choses. Mais, à plus de mille kilomètres, on vit comme on peut.


