A frozen second

Louper la bonne seconde dans une histoire de deux secondes

 

jeudi 31 janvier #7763525

A trop imaginer LA fille.

Winter_blur_by_andrutzab
by andrutzab (on deviantart)


Texte issu du carnet de réalisation de "A trop rêver d'aimer" 28/01/2008.


3 jours de RTT officieux, c'est décidé. L'IUT ne m'en voudra surement pas. J'avais envie de ranger mon appart, mais je remarque avec le sourire, que quand on se réveille à 11h, on peut d'ors et déjà se dire que pour la journée, c'est foutu. Je me suis donc penché sur la suite de "Gachis glaçant" ou "à trop rêver d'aimer" -je ne suis pas encore sur du titre -. Mais il y a malheureusement encore autant de choses à écrire que de choses qui ne viennent pas.

J'aimerais faire parti d'un groupe d'écriture, n'être qu'un co-scénariste. Le brassage des idées semble être la seule solution à mon manque d'inspiration. Ca rajoute un peu de sel d'écrire et de monter un projet à plusieurs. Il y a moins d'attente et surtout beaucoup plus d'idées originales. Je manque de folie pour ce scénar.

L'histoire est en place, certes. Elle est cohérente et non clichée, à mon plus grand bonheur. Mais maintenir cette direction, loin du banal et du déjà vu, est de plus en plus dur.

Il y a d'abord cette histoire d'amour naissante puis épanouïe, qu'il faut essayer de décrire de façon claire, simple. Seulement dès que je commence à étoffer, j'en fais trop, le film deviendrait beaucoup trop long. Alors je me restreins, je jettes le surperflu, ne gardant que les étapes clés, celles qui font avancer l'histoire. Mais cela devient trop lapidaire, ce n'est plus qu'une suite d'images successive, interessantes pour comprendre, mais pas pour passionner.

C'est très extrèmement difficile d'écrire des jolies choses, lorsqu'elle nous semble si lointaines. J'ai l'impression que je ne me rappelle plus. Mon imagination est emplie d'images très réfléchies et belles, mais beaucoup trop sombres pour cette partie de l'histoire.

Je me rabats sur les moments où les deux personnages ont mal. Où des cris peuvent être poussés et des larmes jetées. Malheureusement ces scènes je l'ai déjà écrites. Je ne peux que les peaufiner et ça m'ennuis.

J'ai fait le choix de m'interesser essentiellement à la souffrance de la fille. Seulement je me heurte à mon ignorance. Mon ignorance de ce que peut ressentir une femme qui se détruit à petit feu. J'en ai une petite idée, mais comment la mettre en image, la rendre belle et la transmettre. J'ignore tout cela et la compagnie d'une fille me manque pour pouvoir observer, ne serait-ce que les gestes, les attitudes, ou même juste les yeux.

Je regarde beaucoup de films en ce moment. Rares sont ceux qui développent d'une manière interessante le point de vue que je souhaite. Je dois donc créer. C'est excitant mais dur, très dur. J'ai beau me ballader des heures dans les rues à n'importe quelle heure, je ne vois rien. Les gens sont beaucoup trop fermés.

Cette femme-là, que vit-elle ? Et celle-ci, doit-elle vivre entre le mensonge et l'amour, comme devra le faire Julie dans le film ?

En plus, j'ai donné ce nom au hasard, ou plutôt juste parce qu'il allait bien avec "Antoine". Mais il me rappelle trop de souvenirs. Oui, le prénom Julie semble n'être aujourd'hui qu'un souvenir.

Au cours de ces ballades, je ne peux qu'encore me plonger sur moi-même et cultiver la souffrance masculine. Une souffrance bien trop clichée, ou peut-être une souffrance que je connais trop pour pouvoir m'y interesser vraiment. Je dois m'en echapper pour éviter d'offrir à Julie une souffrance beaucoup trop masculine.

C'est critique. Je me demande si finalement ces RTT sont une bonne idée. Reclu, chez moi, je désespère. J'ai besoin des gens, et vite.

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