05 juin 2009
La nuit, je plonge.
On oublie tout et on l'oublie vite. Même l'important finit toujours par se diluer. Ca marche comme ça. Et je ne me prends pas pour le modèle du reste. On est tous pareil. Il y a une date de péremption sur la pensée profonde.
Elle a raison. Sans le savoir, elle avait raison. Il suffisait juste de pousser la réflexion et d'atteindre cette question que je n'ose pas aborder par pudeur ou même par orgueil. Jusqu'au peut-on aller par amour ? Moi, nulle part et je semble compter rester là. Je ne veux pas me réfugier derrière la façade facile des abîmés, parce que oui, quand même, j'étais heureux. Assume ton passé, mais ne le recherche jamais... mais c'est si doux, tu vois. Si facile. Si enivrant, parfois. La nuit, je plonge souvent dans les vapeurs de la joie d'un été 2006. Je ressuscite même la douleur de la suite. Parce qu'elles étaient les folies romantiques et pathétiques qu'on devrait tous avoir un jour pour se dire que le moi n'existe pas mais que seul le nous devait subsister.
Je ne suis plus ouvert à rien. Juste à des idées d'ordre général, à des occasions à voir le monde différemment. Rien de sentimentale. Comme encore amoureux d'une perfection inventée pour donner un prétexte à une relation sexuelle prolongée. Lorsque t'idolâtre, c'est pour la vie, et cela, caresser des fesses nouvelles n'y changera rien.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions où subsistent encore leurs égos, où subsistent encore leurs échos, disait l'autre. Je suis aussi un dynamiteur d'aqueduc, le talent en moins. Oui, je suis comme lui, la nuit je plonge. La vie dans cette boite crânienne ne me suffit pas. On croit un jour avoir l'esprit ouvert, supérieur, et on se retrouve bloqué par les pièges que l'on avait tendus aux autres. Donnez-moi un autre esprit, je vous en prie. Je n'ai pas besoin de toutes les fonctions. Incorporez juste un Carpe Diem fragile et factice. Je n'aurai plus le pouvoir de le juger et de le détester. Je veux avoir 15 ans comme tout le monde.
On oublie tout et on l'oublie vite. Je partirai de ta tête comme j'y suis venu. Peut-être avec fracas, peut-être avec naturel. Tout dépend de ce que tu entends par m'avoir aimé plus que ce que je ne le mérite. Tu m'oublieras peut-être dans les plus chaleureuses larmes que tu as connues, ou dans la plus grande sérénité. Si seulement tu pouvais pleurer. Je saurai alors que moi non plus, je ne sombre pas sans raison. Que tout cela a été réel. Je n'ai pas envie d'avoir rêvé le bonheur.
Commentaires
réminiscence?
"On oublie ce qu'on veut oublier". Je ne sais plus qui m'avait dit ça. Je ne sais plus si je l'ai cru ou pas.
Ce qu'on ne veut pas oublier finit toujours par nous échapper, et il nous reste quoi? Des sensations. L'impression d'un arrière goût amer qui nous laisse perplexe.
L'autre jour une odeur m'a transportée. Je ne savais pas où ni quand, mais je reconnaissais un parfum familier, rassurant, heureux.
J'ai cherché, j'ai bloqué, j'ai fouillé, mais rien.
Je suis restée là, sans voix, des miettes de madeleine dans ma cuillère de thé, un incroyable sentiment de tristesse et cette sensation sans nom.
Faut-il ne plus boire que du café?
Je ne sais pas. Encore faut-il savoir faire la différence entre thé et verveine. Le café reste surement la meilleure solution.
Ca fait grand, adulte. Le café est un jeu à lui tout seul.
Oh tu aimes Bashung =)
Enfin, cette chanson.
J'adore les écrits qui sont un peu des remix de chansons, avec des phrases connues et des phrases de soi qu'on place autour (tu m'suis ?) mais je suis incapable d'y arriver moi =/
Donc, tu m'agaces.
Fuck