27 mai 2009
Peine perdue.
J'ai pleuré. Et tu ne le sauras pas. J'ai pleuré comme je pleure souvent. Je ne bois pas assez d'eau pour que des larmes se forment mais je pleure, je le sais. Mes yeux s'enflamment, ça fait mal et j'aimerais que ce soit réel.
Il me faudrait des mots. Des vrais mots. Peut-être des nouveaux. J'ai annulé mon rencard quand tu es partie. Je suis bon pour les prétextes. La tristesse est une chose si facile à dissimuler. Tu sais, il y a peu, j'ai été heureux. J'ai conduit. J'ai conduit comme jamais je n'avais été heureux. Je voulais aller au bout du monde. L'essence était trop chère mais je m'imaginais voir "Buenos Aires - 10 km" du coin de l'œil. Je suis stupide, n'est-ce pas ? Je suis stupide comme ce que j'ai relu de lui. Deux blogs qui s'adressent à toi, c'est un de trop. Voire deux. Je le relis en me disant que c'est triste une peine perdue. Et moi, j'ai pas envie d'être une peine perdue pour toi. Je préfère m'inventer cette ambiguïté plutôt que te perdre à jamais.
J'ai osé tout à l'heure. J'ai osé te dire que je ne voulais rien mettre au dessus de l'évidence. J'ai détourné les yeux pour ne pas te voir t'envoler. Les aveugles restent amoureux, et je préfère ça au vide. J'ai osé tout à l'heure et je n'étais pas en train de finir cette bouteille de vin pas assez entamée. Je n'ai pas l'indécence de boire dans ton verre, j'ai encore trop peur des clichés mais la réalité est là. Je m'attache aux choses qu'elles m'ont laissées comme si je pouvais y retrouver un peu du bonheur qu'elles ont su faire exister.
Une affiche d'Amélie Poulain, un livre de Boris Vian, une boite de Cap ou pas Cap, Moi, toi et tous les autres. J'ai même retrouvé un bas, l'autre jour. Quand tu vois que ce qu'il reste de tout ça, c'est un lit une place, où j'ai toujours trop de place, t'as envie boire de l'eau pour enfin sentir des vraies larmes.
Je suis une peine perdue, je crois. J'ai entendu une connerie tout à l'heure lorsque mon ex plan cul m'a dit que je trouverai bien un jour quelqu'un. Il n'y a aucune certitude dans ce fait et je déteste ce genre de phrase sans certitude. Tu sais, j'admire ce père parce qu'il ne finit pas seul, parce qu'il a eu le courage de créer quelque chose de beau. Il parait que ça ne doit pas être dur, que ça se fait tout seul lorsque l'on trouve la bonne personne. La bonne personne... ouais surement.
La bonne personne ne te fait pas sentir peine perdue. Faut-il se contenter de la facilité des filles inintéressantes qui, elles, me placent toujours là où je ne devrais pas être ? J'ai honte. Terriblement honte, mais tu ne le sauras plus. Non, tu ne le sauras plus.
Commentaires
Juste que. C'est parfois bon de se retrouver dans un texte comme celui-ci. On, enfin, je suis fatiguée alors cette fois je ne cherche pas bien loin. Juste, je lis, et je me rappelle que moi aussi quelqu'un m'avait emmené en Australie comme ça, je crois même que la voiture était immobile. Amélie Poulain et Yann Samuel aussi ça me rappelle avant. Et puis, ce topos de la peine perdue aussi. Et je pense à Honoré et sa belle personne.
L'incertitude du "tu trouveras"... Et si on se donnait tous rendez-vous dans la salle des pas perdus? Un pied de nez à une existence trop déroutante et déroutée, un contre-sens aux déviations. Je dis pas que je veux l'autoroute, je voudrais juste retrouver le goût de l'aventure, dans une vieille coccinelle pourrie, qui saute à chaque nid de poule d'une petite nationale de campagne menant nulle part.Non. Pas nulle part, mais n'importe où. C'est différent
Et la seconde a gelé entre tes lignes.