A frozen second

Louper la bonne seconde dans une histoire de deux secondes

 

samedi 03 mai #9048281

Wonder "Wall"

Est-ce qu'ils me sentent autant que moi je les respire ? Fait-on vraiment partie de tout cela ou est-ce que tout n'est que sensations impersonnelles ?

Il fait beau. La nuit fut si douce qu'elle en était presque normale. Prendre une douche. Je crois que hier soir, j'ai fait le pari de pouvoir pisser dans la cuvette depuis la douche. Il semblerait que j'ai raté. Ça ne me gachera pas mes plaisirs du matin. Descendre les escaliers et surtout sortir dans la cour du campus. J'ai l'air stupide avec mon sourire tous les matins devant la porte.

Y a 7 ou 8 ans, je trouvais ces petites plaisirs simples géniaux. Aujourd'hui je me trouve d'un ringard innommable. Seulement je ne peux m'empêcher d'apprécier. D'apprécier les places tout devant dans les bus à 2 étages. D'apprécier regarder les gens qui défilent derrière la fenêtre. Des milliers de visages, de relations que l'on se jure d'essayer de retenir. Juste parce qu'un instant, un matin, ils vous ont donné le sourire.

Et puis il y a le triplet café-beignet-cigarette du matin. Le café trop chaud, le beignet trop gras et la cigarette trop... trop bien. Je deviens accro mais c'est la vie anglaise qui m'éclabousse les yeux. En chaque instant, j'imagine, je travaille, je corrige. Je laisse se mouvoir une fresque organisée par la main d'un maître.

Ici, tout n'est que fiction. Des décors parfaits où même la verdure aurait sa place si j'étais à la photographie. Des passants qui ne regardent jamais la caméra. Et surtout des poupées blondes prêtes à tout pour réussir lorsqu'il s'agit d'être dans un film français. Il n'y a pas de réel. Les questions supplémentaires sont toujours superflues et incomprises. Les lendemains de soirées sont des autres scènes et plus rien n'existent.

C'est beau. C'est beau ces briques rouges, ces sourires fous, et leurs ridicules bouches en cœur sur Facebook. Un monde cohérent dans l'ignorance mutuelle et dans l'importance du profil. La déroute n'est que dans nos petites têtes françaises. Pas sur leurs Wall.



Ainsi je demande.
Est-ce qu'ils me sentent autant que moi je les respire ? Fait-on vraiment partie de tout cela ou est-ce que tout n'est qu'une sensation impersonnelle ?

Ben W à 19:36
dans Mouais...
Commentaires [2]

Commentaires

Voilà quelques temps que je n'avais pas réellement souri en lisant l'un de tes textes. Celui-là fut comme une légère respiration, un moment assez doux, peut-être parce qu'il y a toute cette ignorance dans leurs yeux, cette indifférence qui ne fait pas trop mal au fond. J'aime lire tes habitudes, un peu comme dans un journal de bord. J'aime parce que j'ai un peu l'impression d'être transportée ailleurs que devant un ordi, ailleurs qu'en France, ailleurs que dans les miennes d'habitudes.Je ne sais pas s'il existe cet air stupide avec ton sourire tous les matins mais quelque part je l'espère parce que le rendu m'est agréable.

passionnée dimanche 04 mai à 14:16

...hum... Merci ? (rien d'autre en magasin).

Ben W. mardi 06 mai à 10:42

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