mercredi 30 avril #9005959
Je devrais pas penser à ça quand je suis bourré...
Le communisme, c'est le partage des richesses. Pas juste j'emmagasine juste pour ma gueule.
Voilà ce que j'aurais du lui répondre. A ce sarkoziste qui aujourd'hui regrette. A ce sarkoziste qui est capable de me tenir un discours incohérent sur sa sensibilité aux clochards et la nécessité d'un monde libéral...
La cohérence. J'y connais strictement rien, mais je sais juste que c'est beau. Ca fait planer. C'est impossible mais c'est beau.
Dès que t'as des sentiments, c'est mort pour raisonner. Cherche même pas.
J'avais deux solutions. Celle de la raison qui disait que ca suffisait comme ça. Celle de la cohérence, qui oublie le reste et qui ne veut que le mieux pour toi. Celle de la volonté des gens extérieurs, ceux qui savent.
Putain, je sais plus parler français. Encore un texte de bourré.
Et puis il y avait l'autre. La raison du ventre qui me disait que je faisais une erreur en lui disant que je n'en pouvais plus. Celle qui disait que ce sera tellement beau quand elle sera là. Et que moi aussi, bien sur. Celle qui se fait des films et qui oublie ses silences. Celle qui pardonne tout et ne veut rien d'autres que l'un de ses sourires.
Ca ne pouvait plus aller ainsi. Ses paroles tristement réfléchies et qui se voulaient libres répondaient à mes soupirs amoureux et seuls. Je crèverais pour elle, je l'assure, mais tout me montre que ce soupçon d'espoir n'est que du vent. Du vent inventé par ma tête qui en avait besoin. J'avais besoin de croire en une sensation qui surpasse tout. J'avais besoin de vaincre ma solitude nauséabonde. Je me suis accroché au premier jeu que l'on m'a proposé sans réaliser les risques. J'ai accepté sans comprendre. Ainsi la faute n'en est que partagée.
Je n'ai pris aucune décision et c'est peut-être cela qui empêche la tristesse de supplanter la satisfaction. J'ai juste renvoyer la balle dans son camp. Elle a toutes les cartes en main pour ajuster sa vision à la mienne. Si l'envie ne lui prend pas, alors je passerai mon chemin. J'aurais peut-être pas tout fait correctement mais j'aurais fait ce qu'il me semblait bon. Elle a l'opportunité d'avouer son mensonge sans mal, ou d'extravertir ses sentiments pour le bien de tous.
Je me fiche de savoir où l'on va. Je veux juste connaître la manière. Je veux être sur de l'apprécier. Je pensais que le doute faisait parti de nous. Apparemment oui, mais l'exprimer n'est pas dans nos cordes.
lundi 21 avril #8895086
Peut-être.
La fille est assise côté fenêtre. Sa tête est appuyée contre la vitre. La ventilation est froide mais ce n'est pas grave. Elle aime sentir les petits crépitements de ses cheveux écrasées, à chaque mouvement de sa tête. Elle pense qu'elle aime bien le train, en fait. C'est logique, cohérent. Rare. Elle regarde tous ces gens assis comme elle. Des histoires différentes réunies par le hasard. Elle en fait parti. Ça ne l'a rassure pas, mais ça l'a fait sourire.
Elle pense. Elle aime penser, même si d'habitude elle n'en a pas le temps. C'est peut-être aussi pour cela qu'elle aime le train. Parce qu'elle a le temps maintenant. Elle y est même contraint par la durée du voyage. On l'oblige enfin à faire quelque chose qui ne lui déplait pas.
Pas qu'elle se lasse du reste. Bien au contraire. Juste qu'elle n'arrive pas toujours à mêler suffisamment sa créativité avec le temps qui passe, avec les gens qui doutent, avec les gens qui soupirent.
Là, elle peut. Elle doit. Rêveuse, elle pose sa tête contre la vitre, après un regard sur les voyageurs qui entrent, et elle se sent bien. Elle sait qui l'attend sur le quai. Peut-être que ce garçon est bien finalement. Sinon pourquoi serait-elle partie sur un coup de tête, pour le rejoindre et y croire. Peut-être aura-t-il mis sa chemise...
Non, il ne faut pas qu'elle pense à ça. Elle imagine trop et gaspille ses réflexions dans des films stupides. Et puis bien sûr qu'il aura mis sa chemise, puisque tout sera parfait. Il l'a dit. Elle ne le connait pas mais s'il l'a dit, c'est que c'est surement vrai.
Elle repense à tous les autres, celui qu'elle n'oubliera jamais. Même si elle a très envie de gouter les lèvres du suivant, elle préfère se dire qu'on a le temps. Ne pas laisser de place à la passion débordante car elle amène la colère stupide et elle déteste les choses inutiles, ou du moins les choses qui arrivent mais que l'on voulait éviter. Oui, ne mentons pas, il faut parfois lier l'inutile à l'agréable. C'est garder un peu de liberté dans les choix que l'on nous propose.
Un peu de liberté, c'est tout ce que l'on possède au fond. Dans la foule, on ne peut pas vraiment choisir. C'est un flux constant de volontés restreintes. Si l'on veut être vraiment libre, autant s'inventer un monde où tout est permis dans la seule limite de son inventivité et ne jamais en sortir. Si un monde est trop petit, prenons un univers. Il suffit alors de ne pas le confronter aux autres. Pourquoi ? Pas pour éviter les coups, on s'en fiche de ça après tout. Non, peut-être pour garder intact la liberté nouvellement créée.
Et lui, comprendra-t-il complètement l'univers de cette jeune fille qui fait du bruit avec ses cheveux. Lui, il n'en sait rien. Lui, il a tout à apprendre d'elle. Lui, il a juste envie qu'elle s'ouvre. Lui, il ne sait que penser à elle. Lui, il ne sait qu'envoyer des messages débiles.
Alors au milieu des volutes de fumées et des mégots encore rouges qui s'envolent, l'histoire s'élance entre ces deux individus. Ces deux nouveaux nées qui ne font qu'attendre et qui ne répondent pas. Un peu perdus dans cette histoire bizarre, ils se rassurent juste par la sensation d'y être, dans cette aventure... Du moins, on l'espère.
mardi 15 avril #8831940
Aucune idée.
Entre tes doigts, brule ton antidépresseur. T'es ridicule, tu fumes collé à la petite ouverture de ta fenêtre à battant qui ne s'ouvre presque pas. T'es ridicule mais tu t'en fous. Tu t'es coincé dedans, pour être tranquille, même si tu sais très bien qu'à l'extérieur aussi, les choses seraient pareilles. Tu n'existe pas encore, là. T'es perdu au milieu des gens qui ne te comprennent pas. T'es perdu dans ce que tu crois être ta vie.
Tu n'es pas triste, non. Tu aimes. C'est juste que... C'est juste que tu voyais les choses différemment. Plus comme un profond bouleversement. Remarque, c'est peut-être que t'as pas encore eu le temps de te rendre compte des choses car tout va trop vite. Seulement t'as quand même l'impression que tout n'est pas si différent.
Tu fais toujours n'importe quoi quand t'es bourré. Elle te manque encore. Et ton toi réel n'est pas plus intéressant aux yeux des gens.
Non, t'espérais pas grand chose de plus mais tu pensais avoir moins peur, et surtout avoir moins honte de la montrer, ta peur. T'as été d'un ridicule, hier soir, pourtant tu voulais faire bonne impression. C'est juste t'as pas les codes. T'as l'impression d'avoir devant toi, un système bien organisé où tout est facile mais que il n'est pas encore pour toi. T'as l'impression qu'on te dit qu'il faut que t'apprennes encore un peu avant de gouter à tout ça.
Ca ne rouvre qu'encore plus ton envie de la revoir. Tu sais qu'elle t'énerve et que ce ne sont pas des manières. Mais elle te plait, c'est ainsi. Alors t'as beau prôner la liberté ailleurs, tu le fais jamais dans ta vie. Peut-être que finalement t'aime être enchaîné, privé de tes désirs au profit de ceux de l'autre.
Tu relis ce que tu as osé dire et tu te dis que c'est quand même vachement simple quand t'es les autres. Pas de sentiments à l'encontre de celui que tu juges. D'ailleurs t'aimes juger parce que tu n'as pas le droit, parce que tu t'invites dans l'histoire. T'es pas cohérent et ça te fait mal.
La vue est belle. Ça te fait passer le temps. T'as mis les Cranberries, histoire de te fondre dans le moule qui t'entoure. Enfin juste que là, tu t'es enfermé pour être tranquille, toi et ton mal de crâne, et t'es sensé te foutre du moule et des autres, mais t'as déjà oublié.
Je pense à un truc. Dans un monde où t'es tout seul, t'es au moins sûr de ne pas y être personne.. ou pas.
samedi 12 avril #8783047
Mais Demain.
Quoi ? Qu'est-ce que tu veux savoir ? Comment je vais ? Et toi, comment tu vas ? Quoi, je réponds qu'avec des questions... Je réponds et c'est déjà pas mal. Ok, ok. Je me calme. C'est pas la drogue, c'est juste le manque de toi. On dirait pas hein, mais c'est la même chose. Tes yeux rouges et mes tremblements. Tes sensations qui t'échappent et mon agacement qui persiste.
On n'est peut-être que des insipides camés nous aussi. Qui sait ? Y a pas que les autres, je pense... Je pense, oui, non, ca, j'ai pas arrêter. Je pense déjà à la fin. Pas la nôtre, pas la mienne, qui, sans doute, sera la même. Non je pense à quand je repartirai. Je vis avec 3 mois d'avance et j'ai l'impression de ne pas aimer, mais qu'importe... ? Dans ce que j'aime ou je n'aime pas, il n'y a qu'une seule chose qui m'enchante, et c'est toi.
Je t'aime parce que dedans ca fait tout bizarre. Je ne t'aime pas parce qu'il ne faut pas. Je t'aime parce que c'est difficile d'y croire. Tu vois, j'utilise des gros mots qui font mal aux oreilles des avertis. C'est juste que j'y pense, et tu le sais.
Oui, j'y pense parce que c'est joli, comme je penses à toi, là quand tu étais encore sous mon menton. C'était joli aussi ça. Je pense à toi, et tu le sais même si tu ne réponds rien. Je pense à toi sur la Winston Churchill Avenue. Je pense à toi quand j'ai vu cette fille aux cheveux courts devant moi dans le bus. Quand j'étais là-bas, je pensais à l'Angleterre, et quand je suis en Angleterre, c'est toi qui trouble mes visions.
On parle anglais, et c'est si bon. Ça tangue dans le couloir. Goodnight, guys. Je n'ai pas vomi. En ce moment, ma vie se construit sur ce genre de petites victoires. Mais demain ? Mais demain ce sera de nouveau panini au beurre avec une noix de poulet. Mais demain, je vais tous les battre sur globulos. Mais demain, j'aurai encore ce gout amer de ne pas suffisamment profiter.
Mais demain, tu seras là. Enfin, j'espère. Sinon j'attendrai encore après-demain.

