A frozen second

Louper la bonne seconde dans une histoire de deux secondes

 

mardi 20 novembre #6958526

La fatigue... surement la fatigue...

Je marche pas droit. Dans ma tête, ca va pas. J'attire même pas l'attention. Les gens passent et ne font pas gaffes. D'ailleurs pourquoi ils ne le font pas, hein ? Je suis une attraction à moi tout seul, non ? Je vais quand même pas faire une pirouette dans la rue, là ?

Mais si ! Regardez bien, messieurs et mesdames, qui sortez de la Fnac, des Nouvelles Galeries, ou de Sephora. Normalement, le suicide, ça passionne les foules. Regardez ! Le cirque moderne sans chapiteau ! Je suis le clown triste, le seul, le vrai. Vous voulez du suicide, du sensationnel, des couv de Paris Match, en voilà ! J'en ai marre de tout ça, je vais suicider ma folie et enfin devenir comme vous. De toute façon... Ca change quoi ? Vous avez vu vos gueules ?

J'ai reparlé avec Idéale. C'était très drôle. Elle est devenue l'inverse de ce que l'on devient normalement en vieillissant. La petite prétentieuse se rebiffe. Mais t'as pas compris que t'étais ma fierté, mon ouvrage. Le truc sur lequel je pouvais m'appuyer pour me dire que SI, je peux le faire. Et là, tu me fais quoi, hein ? Tu bloques ma pauvre. C'est fini. Faut passer à autre chose. Libéré.

Je suis devenu une société de consommation à moi tout seul. Je crée des monstres paranoïaques. Tout bonnement des loques. Je suis une civilisation à la française, qui se meurt chaque jour d'impuissance. Téméraire mais pas courageuse. A je vous jure, je la sens monté la superficialité. C'est si doux, c'est si jolie, Ah je jouis !

J'ai des rêves encore, des tas. Suroxydés par la publicité et la pensé ambiante. Ca n'a aucun interêt, on est d'accord. Je sais que j'ai raison de laisser le monde extérieur bousculé mes convictions. J'ai presque hâte de voter à droite, cracher sur mon voisin et surtout, toujours pensé que c'est mon prochain qui devra me sauver. Ce serait débile de penser que ca doit être l'inverse. On est d'accord. Voyez on s'entend déjà !

Je suis aujourd'hui le gachis glaçant de ces trop nombreuses années passées à trop aimer. Je lâche l'affaire. Je vais redevenir un chacal. Je vais débloquer Partouzeur sur msn. Il a toujours des bons plans. Je me tape de ce qu'elles pourront penser parce que le but est de juste se les taper. Je parais cru, mais devant elles, je serai mieleux, parfait, exceptionnel jusqu'au petit matin. Dégage.

Je veux louper la femme de ma vie, juste pour qu'elle s'en morde les doigts. Elle me trouvera surement insipide, vulgaire, inutile. Moi je me mangerai les couilles de ne pas tomber amoureux d'elle. On souffrira tout les deux, mais ce sera de sa faute. Elle avait qu'à venir là, avant tout ça. T'es en retard ma grosse. T'avais qu'à bouger tes mamelles avant.

La folie s'en va doucement, il ne reste que des raclures vulgaires. Je me sens m'élever et m'affirmer dans les profondeurs des lumières commerciales. Votre monde désormais m'appartient. Vous ne me regardez pas plus, mais au moins, je n'attendrai plus un seul regard.

samedi 10 novembre #6840656

Je ne suis pas .




Il est amusant ce samedi. Il a des odeurs de dimanche. Même une odeur de dimanche soir. Les dimanches soir avant Noël. On sent la semaine qui s'apprête à redémarrer. On sait que dans 7 jours, ce sera encore exactement 7 jours de moins avant les cadeaux. Consciensieusement on compte, mais on ne le dis pas. Il ne faut pas être pressé. Surtout pas. Prendre l'air détaché, mais garder l'oeil qui brille lorsque l'on évoque ce que l'on pourrait nous offrir.

Aujourd'hui Noël est encore loin, et les dimanche soirs de mon enfance, en pyjama à 18h précise, en attendant 7/7, sont, eux, encore plus loin. Seulement moi je m'entraine souvent à garder encore l'air détaché et bien sur l'oeil qui brille. Mais j'attends quoi là tout de suite ?

J'ai remarqué que pour devenir adulte, c'est assez simple. 1. Il faut demander quelque chose que l'on ne vous donnera pas. Un Megazord, votre premier baiser sur la bouche, le suivant avec la langue, un amour parfait, votre permis, du sexe, votre bac, de l'argent, une mort digne, ou même mieux passer au journal de Claire Chazal. 2. Une fois demandé, il suffit de comprendre que vous ne l'aurez jamais puis de décider de trouver autre chose, ou plutot attendre de trouver autre chose à vouloir. 3. Une fois que vous serez las d'attendre le désir, et bien ca y est vous serez adulte. Un vrai, un grand, un imbécile !

Je me sens glissé du coté obscur de l'âge.

J'aimerais savoir écrire. Pas juste de la littérature de gare. Une vraie écriture avec des figures de style dont je connaîtrais le nom. Je voudrais avoir des reliefs de poête, une écriture un peu sombre, grave. Créer des phrases que l'on apprend que l'on retient. J'aimerais être Rimbaud ou Verlaine... même si "l'un dans l'autre" c'est un peu pareil. J'ai demandé à rencontrer Victor Hugo, mais on m'a dit que ce n'était pas possible. Comme j'ai insisté en disant que c'était une honte d'essayer de mettre les stars et les artistes sur un pied d'estale inaccessible, on a essayé de m'enfermer. Le problème c'est qu'on a réussi.

Depuis tout à l'heure, j'essaye vainement de m'enfuir de cette prison capitonnée. Pas que ce soit inconfortable ou même désagréable. Mais ce corps d'adulte me semble si petit. Et puis ce serait trop facile de se laisser avoir comme ça. J'ai l'oeil qui brille moi. L'oeil qui sourit! Je ne peux donc PAS être adulte !

Le seul avantage de grandir, c'est que les cigarettes d'adulte, quand on les allume, on ne se met plus du chocolat fondu partout sur les doigts. C'est pas meilleur mais qu'est-ce que c'est plus pratique...

Am Stram Gram
Piképik et ratatam
Ce sera toi que mange la Dame
.

Ben W à 17:45
En pyjama
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jeudi 01 novembre #6737257

Somerset Maugham

La petite vie s'organise tout doucement. C'est simple, pendant les vacances, je me sens mis de côté. Mes copains d'enfance ne sont plus vraiment ceux d'aujourd'hui. Je n'ai pas su à l'époque tisser des liens qui me permettraient aujourd'hui d'être heureux de les retrouver. En faisant mes courses hier, j'ai revu un mec que j'avais connu au lycée. J'ai bien vu qu'il ne se souvenait plus de mon nom, j'ai fait un sourire, un mot pour rire, et je l'ai laissé repartir. Il a un gosse.

Je pose ma vie quotidienne. Ce film me bouffe à petit feu. Revoir Idéale sur chaque plan est une souffrance lente et silencieuse. Ce n'est qu'au moment de couper Première Pro que le coeur se serre. Ne pas l'appeler. L'émotion qui s'est créée en toi parce que tu a joué avec son image toute la journée, ne s'est créée qu'en toi. Rien n'existe, jette à la poubelle tout ça et ferme le capot pour pas que l'odeur de tabac froid remonte.

Oliv arrive ce soir, je n'ai encore rien rangé. Je dois faire du ménage. Ca ne me dérange même pas car je pense à autre chose. Direction Bes. Pour voir. Faire du vélo, sourire, fumer, boire. Demain ne pas se réveiller. Etre une loque et se confondre avec ce qu'on n'est pas.

J'ai hâte de voir la rentrée. Retrouver mon petit jeu. Etre encore et toujours un autre. N'être franc qu'avec Lyonnaise. La faire sourire avec ou sans f avant le premier r. Se forcer à nous faire jouer.

C'est con mais j'aimerais rejouer au foot. Retrouver le boue des entrainements et le gazon des matches le dimanche. Faire des passes ratées. Tirer juste pour faire chier l'entraineur. Ne pas marquer. Blup.

Ben W à 13:57
Mouais...
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