mercredi 31 octobre #6729715
Désinvoltes platitudes.
Je suis un mec facile, je l'avoues. "Comme tous les autres", s'exclafferont le gang des vieilles mégères un peu putes sur les bords. Non, je tombe facilement amoureux. Je m'attache rapidement et je fais des projets même avant qu'on puisse dire qu'on est ensemble, s'il est besoin de le dire. Oui, Aphone, je le reconnais enfin. Tout ce qui est enfant, mariage, histoire longue et cacahuète, j'ai rien contre et même je l'encourage tant que derrière l'amour reste présent.
Je dois toutefois apporté un bémol.
L'autre soir, je revois une fille vaguement rencontrée entre 2 verres de whisky-coca lors d'une soirée. Il parait que l'on avait beaucoup discuté et que "c'était cool". Surement. Cette fille, elle a tout pour plaire. Jolie, gentille, pas trop bête et célibataire. Alors on s'assoit boire un café. On rediscute et c'est vrai que c'est cool. On se raconte des potins. On entre dans ces détestables conversations de "Ah oui, lui ca fait longtemps que je l'ai pas vu, il parait qu'il est aviateur, ou même cosmonaute, quel pauvre mec." Comme on a pas vraiment d'autres choses à dire, je laisse faire cette conversation.
Elle aurait pu être formidable cette fille. Seulement elle ressemble trop à ce qui se fait autour. Vous savez la converse attitude and the flower power. Cette douce fascination pour la fashion différence. Pas que ce genre de fille soit à pleurer, mais j'ai du mal avec cette volonté d'être différente parce que la mode le veut. Je n'ai pas vraiment besoin d'expliquer, le paradoxe parle de lui même. Elle se ressemble toutes.
Pour faire simple, la converse attitude veut qu'on soit vaguement indépendant, mais furieusement sentimental et donc quelque part complètement dépendant de son petit confort. Désolé, perso, j'ai du mal. Je sais que c'est bien le sentimentalisme, mais pas à tout prix. J'ai la vague impression que peu importe le garçon, il peut être un con fini, un imbécile notoire, une platitude personnifiée, s'il est sensible et sentimental, il est parfait.
Je n'ai rien contre les converses, ni le fait d'aimer les gerberas. Flamby avait tout ca. J'aurais pu mourir pour elle. Cela dit, je déteste cette attitude "trippante", selon les dire, d'avoir 19 balais et de croire qu'on sort de la norme parce qu'on ose dire de la merde. Je déteste les gens qui veulent être différent mais qui ne le sont pas vraiment. La différence ne se clame pas, elle se ressent.
Je ne devrais pas porter un jugement, mais ca me faisait mal qu'elle se force à vouloir extérioriser une folie inexistante juste pour avoir le style. Elle a d'énormes autres qualités. Elle ne joue pas avec ses atouts. C'est tristement bête. J'aurais énormément aimé qu'elle me parle de ses sentiments à elle au fond. Pas de cette couche superficielle qu'elle s'oblige. Elle était pas avec ses copines, elle était avec un mec qui je l'espére l'écoutait.
Elle se protégeait peut-être. Je ne sais pas. Mais je sortais déçu de cette entrevue qui s'annonçait pourtant sympathique. J'ai du être suffisemment sympa, parce qu'elle m'a invité à une de ses soirées. Génial.
Tout ca pour dire... Tout ca pour dire quoi ? Que je suis navré par le manque de relief qui existe autour de nous. Et là où je suis encore plus navré, c'est que j'ai bien peur que cette misère de folie, est volontaire, voulue. La mince couche de protection commandée par la mode s'épaissit. On se ressemble tous et on aime ça.
La déception vient aussi que dernièrement j'ai rencontré beaucoup de gens extraordinaires, des réalisateurs de talent, des filles sensationnels, des amis véritables, des bloggeurs fascinants. Et là ca retombe quand je me frotte à la réalité, quand je me dis qu'Idéale ne reviendra plus, quand je me dis que je dois laisser Lyonnais se bouger un peu le cul vu que j'ai immiscer le doute.
Ces gens je les admire parce que je connais ce qu'il y a au fond. Je connais leurs films, leurs fragilités, leurs parcours, leurs écrits. Seulement dans la vraie vie, je perds patience face au masque de beauté qu'on nous inflige.
"Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons alors qu'on est
Des Foules Sentimentales
(...)
On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval"
"Tu sais on est un peu folle avec mes copines..." Ta gueule.
lundi 29 octobre #6710207
Les joyeux Noël - La bande annonce
Les joyeux Noël Bande Annonce
envoyé par FlipFlap_Prod
jeudi 25 octobre #6662199
Les autres, c'est nul !
Encore une fois, je reste scotché face aux petits paradoxes quotidiens. Plus encore que les simples détails invisibles, j'adore ce côté contradictoire qu'aime se donner le monde, les gens, le reste.
Certes la nature est belle. Oui les paysages sont pas trop mal. Un vieux rêve inscrit dans les moeurs veut d'avoir une maison plein sud, avec une vue sur une vallée encore vierge. C'est vrai moi aussi j'aimerais passer ma vie assis là face à cette vision comme je pourrais l'être face à une beauté agaçante. Cela dit, ce n'est qu'un imaginaire qui se transmet de génération en génération. J'ai vu la beauté ailleurs. J'ai vu la beauté dans ce qu'avait construit l'homme. Dans ce qui pourtant est source de pollution, dans ce qui est mal. Etes-vous déjà passer de nuit sur un pont au dessus d'une autoroute ? Y a un truc. Oui la voiture pollue. Oui je sais qu'une autoroute détruit les terrains. Mais il y a un souffle derrière le spectacle des paires de phares qui se suivent.
Des exemples sur le paradoxe humain comme ça, y en a plein. Pourquoi après tant d'année à se connaître de plus en plus, l'homme devient anonyme et insignifiant en tant qu'être singulier ? Pourquoi vouloir à tout prix dire des choses, exprimer ses envies à des anonymes sur un blog ? Pourquoi la facilité quand tout le monde admire la bravoure ? Pourquoi les sans-couilles ? Pourquoi les points d'interrogation si derrière il n'y a jamais de vraies réponses ? Pourquoi Paf le chien fait rire ? Pourquoi Flip-flap la giraffe aussi ? C'est dingue.
Y a un exemple que j'aimerais développer aussi. Le paradoxe des copains des filles que l'on désire. C'est nul les copains. Ca sert à rien, sauf peut-être à faire chier. Ca sert juste à casser le doute gracieux que l'on arrive parfois à mettre en place chez notre espérée. Déjà que quand elle est amoureuse, c'est suffisemment frustrant, alors quand elle avoue ne pas avoir de vrais sentiments mais que seulement elle y tient... elle y tient... Fait chier. Elle est formidable, merveilleuse, passionnante, fascinante, agaçante, fabuleuse. Et elle a un copain... Non c'est nul les copains. Qu'il la laisse tombé amoureuse, merde. Je veux voir le pétillement dans ses yeux, moi. Je peux pas la laisser comme ça, c'est une oeuvre de salut public.
Là je n'ai pas encore parlé du paradoxe sur ce sujet. En fait, c'est assez simple. C'est que le copain de Lyonnaise, je le connais pas, il est forcément nul ... mais qu'est-ce que j'aimerais le devenir...
samedi 20 octobre #6598124
Il fait chaud quelque part.
J'ai regardé Big Fish. Voilà près de 3 ans que je ne l'avais pas vu. Je me souvenais l'avoir aimé. J'avais aimé le côté un peu fantaisiste de l'histoire. J'aime le fantastique en fait. Les histoires qui finissent par dire "Et si c'était vrai?" nourrissent le doux fantasme des calmes rêveurs.
La semaine écoulée me laissent un gout étrange. Je ne saurais décrire précisément, je ne saurais même pas la raconter. Etrange, je le dis. Je sais que j'ai vécu quelque chose mais sans vraiment savoir quoi de particulier. Lorsque je regarde, ce sont des moments parfaitement normaux. Des discutions parfaitement classiques. Mais peut-être que d'habitude, chaque semaine avait son évênement, sa part d'émotion particulière. Mais aucune ne les contenait tous.
Avant je passais une semaine complète à ne penser qu'à Idéale. Avant il n'y avait qu'un lendemain de soirée d'une seule semaine où je me sentais réellement faire parti du groupe de mes amis, de ceux que j'apprécie. Il n'y avait même qu'une soirée dans une semaine où je faisais des rencontres singulières. Il n'y avait enfin qu'un seul instant où je vivais un choc sentimental qui me faisait planer pour le reste des semaines suivantes.
Et pourtant là, cette semaine, j'ai vécu tellement d'histoires, que je ne saurais par où commencer. J'ai même l'impression que l'ordre chronologique gâcherait l'impression d'émotions simultanées.
Il y a bien cette soirée que je voulais organiser en l'honneur de la venue ou du retour à B. de deux personnes qui (re)commencent à compter. Il y a la déception des gens qui ne peuvent pas venir. La soirée finalement se fera sans celles à qui elle était destinée. Tanpis. Je passerai de bons moments. J'ai rencontré une fille avec des yeux bleus cristalins qui aime le cinéma. Ca m'a fait sourire. J'ai décidé de profiter de cette soirée pour la connaître. Il y aura Fillot2. Et d'autres aussi.
L'autre soir. J'ai repensé à Idéale. J'ai de nouveau eu envie de l'appeler pour tout redémarrer. J'avais cette stupide idée qu'il fallait que je sache si elle comptait réellement revenir dans un ou deux mois, comme me l'avait dit Allemande. J'ai l'impression d'être à un tournant. Faut-il que j'attende ? J'ai ravalé mes envies futiles en me rappelant que je ne l'aimais plus elle, mais plutôt les souvenirs que j'avais de nous. Et puis ces souvenirs n'étaient pas si parfaits. Il serait erreur de vouloir retenter quelque chose. Je ne dis pas que les erreurs ne doivent pas être faites, mais je crois qu'il faut que nous nous réapprenions, savoir ce qui ressort de la triste fin de notre histoire, pour enfin savoir si cette erreur est utile.
Le tournant dont je parle, c'est Lyonnaise. J'ai craqué. Il n'y avait pas vraiment de signes qui me poussait à aller plus loin avec, pas vraiment de signes qui me montrait que j'avais raison de m'accrocher. Et pourtant, oui j'ai craqué. A bonne dose d'alcool, je lui ai écrit un mail enflammé. Un peu d'humour pour faire passer l'amour émanant. Au moment d'envoyer la chose et surtout au réveil, avec la gueule de bois, en relisant le mail, je pensais tout fini. J'avais effrayé ma belle. Je me suis laissé emporté par l'enthousiasme. Et puis, il y a eu cette réponse. Elle, qui avouait n'avoir jamais été amoureuse, me confie l'envie de me laisser lui apporter ce qui lui avait toujours manqué. Elle n'est pas sure, mais elle attends que je la pousse vers le précipice d'un "nous" naissant.
Je ne cesse de penser à elle depuis. Je ne savais pas ça possible, pas d'elle, pas de la relation que je voyais de nous. C'est, je crois, la première fois, que je fais preuve d'audace. L'audace n'est donc pas un mythe. Je n'irais pas jusqu'à généraliser. J'apprends l'audace, l'initiative, l'ambition, mais cela a l'air si simple et si doux.
Le même soir du mail, je me suis rendu compte que je savais parlé anglais lorsque j'étais bourré. C'est stupide mais c'est quand même très surréaliste. Savez-vous que les anglaises, même si elle ne s'appelle pas Kelly Reilly (alias Wendy dans les Poupées russes) ont un charme fou ? L'accent peut-être. Là aussi, je ne généralise pas. J'apprend tout juste à connaître les étrangers.
Cette semaine je me suis senti proche des gens du club vidéo. C'est réconfortant. On peut partir puis revenir. Et ils sont encore là. Se sentir apprécié, ce n'est pas forcément utile, ce n'est même pas forcément mon but, mais c'est doucement réconfortant. Il suffit parfois, je l'accorde, d'une discution avec certains pour mettre les choses au point, mais tout repart. Je ne souhaite pas non plus généralisé, car voilà seulement quelques mois que je réapprends ce que cela signifie vraiment.
Je me suis toujours demandé, ce que serait les choses si je n'étais pas là. C'est une question assez honteuse. C'est très égocentrique et j'essaye de limiter mes impulsions égoïste. Mais après tout, cette question fait parti de moi. Pendant longtemps, je me suis dit que cela ne changerait pas grand chose. Un autre que moi aurait fait l'affaire dans n'importe quelle situation que j'avais connu jusque là. Et puis parfois des gens qui comptent vous montre que vous aussi vous comptez. La satisfaction alors ne vous rend finalement pas prétentieux, non. Cela vous tient chaud, tout simplement.
Ce soir, je suis peut-être exténué, complètement déboussolé par ce surplus de sentiments. Mais, malgré tout, j'ai chaud au coeur, tout simplement.
[Joseph d'anvers - Nos jours heureux]
lundi 15 octobre #6539993
Petit trouillard polisson.
Aphone m'a demandé aujourd'hui comment j'allais. Je n'ai pas su répondre. C'est effrayant de ne pas savoir comment on va. En effet, je ne connais aucun de mes sentiments aujourd'hui. Enfin ne soyons pas démagogique non plus. Il y a enfin certains domaines qui ont tendance à me réjouir. Mais dans la globalité, je ne saurais pas déterminer dans quel état psychique je me trouve...
...Merde ... je deviens scientifique... Cela a tout de même ses avantages, donc poursuivons. Exemples.
J'ai enfin une date de sortie pour mon film. Le 14 Décembre, sur... 1 écran. C'est déjà pas mal et de toute façon même si on est loin des sorties mondiales, ca me fout quand même la frousse. Parce que le film n'est pas fini, et même s'il serait fini, est-ce qu'il va plaire, est-ce que je ne suis pas ridicule d'avoir le culot de présenter ça, ce quelquechose qui m'appartient et qui, présenté au monde, est d'une prétention innomable ? J'ai peur, c'est tout. Impossible de savoir si la satisfaction de connaitre la date comble le cruel vide de ma peur maladive.
Samedi prochain sera un grand jour un jour particulier. Aphone m'a promis de venir. J'ai prévu de faire les choses bien. Je vais organiser une petite fête. De toute façon elle dira qu'on est pas aussi bien que les lillois, mais je sais pertinemment que c'est l'amour qui la fera dire ça. Ou la jalousie peut être. J'inviterai quelques amis. On finira au foyer de l'école. Complètement pété. J'espère que Lyonnaise sera là. Je n'explique pas pourquoi. On rira. Mais nous ne serons pas tout seul. Flamby sera là.
Flamby : le retour. Elle a insisté pour venir. Je ne lui ai pas dit mais son empressement de revenir me touche. Elle m'avait déjà touché, lorsqu'elle avait osé me dire que je lui manquais. J'ai beaucoup réfléchi avant de vraiment accepter son retour. Elle ne devait pas venir avant novembre, elle a voulu accélerer les choses. Elle m'a dit une chose il y a longtemps. "On ne s'est vraiment entendu que derrière un écran. Quand on était en face, ca n'a jamais marché." Je la crois toujours, et j'ai peur de ces retrouvailles. On verra bien, elle semble motivée. Elle dirait que "Tout a changé." Mais le problème c'est qu'elle dit aussi que les flamby c'est bon. Comment la croire dans ce cas ?
Je me suis de nouveau fait chamboulé par Idéale. Pas directement mais le résultat est le même. Un copain m'a dit qu'il l'avait vu dans le coin. Un jour de semaine, un soir. Impossible. Et pourtant j'en fut bouleversé. Même si je me fous un peu de ce qu'elle pouvait faire ou justement ne pas faire - telle est la question- ici, j'ai eu du mal à l'accepter. D'une certaine manière, elle n'a plus le droit de venir ici. Des potes m'ont dit de lacher l'affaire, de laisser couler, que c'est une erreur de rester comme ça sans passer à autre chose. Les cons. Passer à autre chose, c'est très facile... quand on a autre chose. Ils sont beaux avec leur philosophie maritale banale. J'avais presque envie de le dire de me laisser faire mes erreurs tranquille. Au final, je suis le seul à en chier... en plus... c'est vrai... Merde.
Entre trouille, amours passés et clopes, je prends rendez-vous chez le coiffeur. Enfin. Marre de ma touffe. Ca veut tout dire.
NB : Bientôt un message joyeux !
mardi 09 octobre #6484360
Insignifiants détails et misanthropie bien placée
J'ai bien trop cavalé aujourd'hui. J'ai bien trop vu de visage. J'ai bien trop tapé, lancé, échangé des paroles à des gens qui semblent me connaître. Je suis fatigué. Je m'impose un peu de répit.
Je me satisfait de l'aspect à peu près rangé de l'appartement à peu près propre. Je fais des efforts en ce moment. Forcément. On ne sait jamais. Un texto "Dis on fait quelque chose ce soir ? T'as un bon film ?". Ouais, un texto, même si elle a plus de crédit, on ne sait jamais.
Ce matin, pris au dépourvu, je n'ai pas eu le temps de me réveiller dans la douche. Je me suis rattrapé ce soir. C'est assez effrayant de s'éveiller à l'heure du dîner et se dire que l'on a vécu une journée sans regarder l'heure. Cela faisait longtemps que je n'avais pas mis mon pyjama et mon peignoir par dessus. Ca date d'au moins mes 12 ans, cette chaude douceur. J'ai mangé dans la cuisine. Du riz et du colin pané. J'ai mis France Culture.
C'était particulier. Pas vraiment la radio, non, ou du moins ce n'était pas la station de radio qui était particulière. Le son singulier de la radio au moment du repas du soir, oui. Et puis dîner dans la cuisine, face à l'assiette. Seul. Moi qui ai l'habitude de gober 7 coquillettes, devant 3 ou 4 fenêtre MSN, ou devant Plus Belle la Vie.
Tiens, d'ailleurs, Plus belle la vie, la vaisselle terminée, fait rarissime, je me suis installé dans le fauteuil et comme il m'arrive de plus en plus souvent, je coupe le son de la télé. Je met de la musique un fond sonor et je reste là, rêvant patiemment.
J'ai éteint toutes les lumières de la pièce. Je supprime les économiseurs d'écran, laissant alors seul l'éclairage légérement bleuté de mes 3 écrans. Parfois un 4ème se met à vibrer. J'en souris, je prononce alors quelques mots, je re-souris de la réponse de l'autre. Je raccroche, replongeant dans mon rêve, dans mon repos, dans le velouté de ma cigarette.
Les images du téléviseur s'enchainent, je n'essaye pas de savoir ce qu'il se passe réellement dans le quartier du Mistral. Le fond sonor m'aspire dans le léger coma de la soirée. Je forme des mots dans ma tête, bientôt des images inventées s'y ajoutent. Je ne suis plus vraiment chez moi. Si la musique n'est pas là pour mes oreilles, elle a au moins le mérite de couvrir ma fugue pour les voisins.
C'est marrant, je me sens bien. Marrant, hein ?
Ce genre de moment, où la solitude devrait presque donner pitié à qui prend soin de la regarder, me repose. C'est vrai, je fatigue en ce moment de cotoyer trop de gens. Il n'y a rien d'égoïste à dire cela. Juste, je l'avoues, un peu de misanthropie. Mais ça, c'est la faute à la vie qui va trop vite.
lundi 08 octobre #6463152
Tomber amoureux comme on tombe d'un chaise...
L'autre jour, c'est-à-dire hier, j'avais envie d'écrire un truc du genre "j'ai vu [un truc interessant], j'ai vu [un autre truc interessant]" ce qui aurait probablement donné à un descriptif au final plutot déprimant sur ce que j'éprouvais en ce moment. Je m'en sentais capable car je m'en sens toujours capable de mentir.
- Attendez, j'allume une clope -
Oui, mentir, parce que je ne vis rien de déprimant. Ou pas énormément déprimant, on va dire. Oui parce que n'osant pas le "j'ai vu que je plaisais à Lyonnaise" car je n'en sais rien, et c'est surement des films que je me fais, j'allais surtout écrire "j'ai vu que Lyonnaise me plaisait". Et meme si j'avoues lire, écouter, regarder ou juste observer pas mal de choses amusantes, je n'arrive pas à me mettre en tete autre chose que cette putain d'attirance.
J'ai bien vu que la France avait fait un exploit contre les all black et bientot, grace à notre cher président, contre les sans-papier. J'ai bien vu que je me remettais à fumer aussitot mon angine passée. J'ai bien vu que je venais de renverser mon cendar. Mais non rien n'y fait.
Aphone m'a dit que je tombais amoureux tous les deux jours. Peut-etre. Mais je ne crois pas que le problème est là. J'ai tendance à idéaliser toutes les personnes qui me touchent et que parfois je touche aussi. J'idéalise, oui, le lien qui se noue. Et j'ai tendance à vouloir le transcender, en écrivant. Mais cela n'est pas de l'amour. C'est... de la sensibilité... de gonzesse.
Je ne trouve pas "la plus belle femme du monde" tous les quart d'heure. Non, je ne crois pas que chaque fille avec qui je sors est LA femme de ma vie. Non. Mais aujourd'hui après des vacances sexuellement réussies, après Norvégienne, il m'arrive de vouloir retrouver quelque chose d'un peu plus serein, de plus posé. Un peu comme feu Idéale.
Il y a moins d'une semaine, Norvégienne me quittait pour nos admirables frères norvégiens et meme si j'ai toujours autant d'admiration pour son travail, et meme si je pensais sincèrement avoir du mal à me remettre, je dois avouer que j'ai succombé aux petites rides au coin des yeux de Lyonnaise.
Je pourrais jouer le mec "qui sort d'une grande histoire, qui a besoin de chaleur et qui est pote avec un dauphin." Mais ce serait faux. Ce n'est pas exactement ça. Déjà je ne connais aucun dauphin et puis la grande histoire je l'oublis peu à peu. La chaleur, quand à elle, je crois que tout le monde en a besoin. Je ne vois alors aucun interet de faire une priorité de ce que tout le monde recherche.
Le nombre de filles avec qui je me suis senti bien et sur quoi cela n'a rien débouché est monumental. Un vrai porte manteau. Mais je n'ai jamais arreté d'espérer. Espérant qu'un jour, Elle viendrait, Elle accepterait ce diner. Et fourni par cette naive croyance, je le propose toujours.
Je me sens bien avec Lyonnaise. Elle me fait penser à autre chose, d'ailleurs elle a le mérite de ne me faire penser à aucune autre. Beaucoup me paraissent un peu fade, parce que j'avais la stupide impression qu'elle copiait ce que m'avait déjà fait vivre une précédente. Lyonnaise ne parle d'habitude pas beaucoup, il parait. "Il parait" parce que le deuxième soir, elle m'a raconté toute sa vie.
Et puis elle a accepté de diner. Ce fut si doux lorsqu'elle a dit "Volontier", et vous n'allez pas me croire, mais ce fut encore plus doux lorsqu'elle est venue.
mardi 02 octobre #6397262
Questions Norvégiennes
Tu as laissé ta marque, ca y est. J'avais un peu peur, que notre histoire reste fade, avec cette angoisse du départ qui ne m'a pas quitté depuis notre premier baiser. Et cette peur se trouve aujourd'hui fondée, mon amour. Tu es venu jusqu'à chez moi pendant mes cours.Tu as laissé ce mot dans la boite aux lettres. Destination Norvège. Une série de reportage. Mon amour est photo-reporter, un métier qui m'a toujours fait rêver. Sans le savoir, je comprends que tu pars trop longtemps pour espérer t'attendre. Tu me dis que tu n'oublieras jamais et d'un cercle entouré au stylo bic noir, tes préférés, tu désignes une larme versée, au moment de chercher, je suppose, les mots.
Je m'attendais pas à ça, je m'attendais pas à toi.
Je m'attendais pas non plus à ce que je m'attache comme ça, je m'attendais pas à avoir mal, là en te sachant partie. C'est con, hein, mais tu vois, je suis tombé sous le charme, un charme à la con. Je m'attendais pas à tout ça. Je m'attendais pas à te plaire, je m'attendais pas à une photographe dans Belfort. Je m'attendais pas, non, je te jure, je l'avais pas prévu ça.
Je m'attendais pas à ce que ce dimanche doucement tu me glisses les écouteurs de mon lecteur dans les oreilles et qu'après mon éveil si doux, si simple, si naïf, tu attaques comme une sauvage, en me grimpant sur le ventre. J'ai poussé un "Argh", tu as ris. J'aime ton sourire, derrière tes lunettes même pas cassées.
Est-ce que je t'ai autant fait rire que toi, tu m'as bluffé. Allez
viens s'il te plait, reste un peu. C'est pas possible, je sais, mais s'il te
plait, reste. Tu l'as déjà fait. Je te jure je me remettrai à fumer,
s'il faut. Si tu reviens pas, je balance mon reflex, et les
pellicules qui vont avec. Ah tu rigoles déjà moins ! Et fais gaffe, je me
rase la tête si à 3 tu n'es pas là.
1, 2, 3.
Non? Bon t'as jusqu'à
demain.
Mais s'il te plait, reviens. Moi je t'aime toujours. Viens, je sais que
tu l'aimes encore la folie de nos débuts. Viens on s'engueule pour
rien, ou juste parce que tu n'es qu'une grande gueule. Viens on se
déchire à nouveau. Viens on se dit "je t'aime". Allez reviens, s'il te
plait. En plus en Norvège il fait pas beau, il fait froid. Moi j'ai le
chaffage et des couvertures. T'es quand même mieux ici non ?
"C'est dingue, t'es dingue, ce monde est dingue." L.